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Tome troisième.
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168 NOTES SUR L’ÉLOGE

En vain des siècles triomphant,

De l’univers entier Homère em le suffrage;

Le j.l us honteux revers l’attendait dans notre âge jIîoudart Pattaquc, et Gacon le défend.

Non content de se parer de ses propres satires, il s’attribuait cellesdes autres. Le poëte Autreau, auteur de quelques pièces de théâtre,avait tait contre Jean-Baptiste Rousseau une chanson plaisante ; Gaconsoutenait, au café, qu’elle était de lui. Pourquoi ne L'auriez-vous pasfaite ? lui répondit Autreau qui était présent ; je Vai bien faite , moi-Ce mot a quelque rapport à celui de Benserade, à qui l’on demandaits’il était l’auteur d’un ouvrage que je ne sais quel mauvais poète osaits attribuer. Je l'ai fait, répondit Benserade; mais il est bien à sonservice.

Quand on demandait à La Motte pourquoi il n’avait rien réponduaux injures de ce vil rimailleur: On n’a rien à gagner , disait-il, enattaquant ceux qui n'ont rien à perdre. Des écrivaius plus célèbres queLa Motte ont eu une conduite bien opposée, en daignant même ré-pondre aux plus vils adversaires. On aurait pu leur dire : Achille estfait pour dédaigner Thersite, et non pour le combattre.

(a3) Malheur, disait quelquefois La Motte, à l'homme de lettres quetousses confrères paraîtraient chérir et s’empresseraient de célébrer,ce serait le soliveau qu’ils choisiraient pour roi. La plupart , en effet,ont bien moins de peine à louer cux-mêincsce qu’ils méprisent, qu’àentendre louer ce qu’ils estiment; car il n’y a guère devrai jalousieque contre les succès mérités. Les Ephésiens proscrivaient les plusillustres de leurs concitoyens, par la seule raison qu’ils avaient unesupériorité trop marquée. Que nul d'entre nous , disait la loi, n excellepar-dessus les autres; et s’il se trouve quelqu’un de cette espèce, qu'il ailleexceller ailleurs. Pourquoi faul-il que les artistes en général ressem-blent si fort aux Ephésiens?

Le caractère doux et honnête de La Motte lui avait pourtant faitbeaucoup d’amis, même parmi les gens de lettres. Il en était d’autantplus digne, que personne ne louait avec plus de bonne foi et mêmeplus de plaisir, non-seulement les bons ouvrages, mais ce qui pouvaitmême se trouver de bon dans les ouvrages médiocres. Ses ennemis ontprétendu que cette aménité était en lui une vertu de commande, faitepour déguiser sa vanité et mettre à couvert son amour-propre, et pourremplacer par la souplesse ce qui lui manquait du côté du mérite. IIfaut répondre à ces imputations comme Montaigne : Donnez-moi laplus belle action, je vais vous y trouver cent motifs plus odieux et plusméprisables les uns que les autres. Tous ceux qui ont eu avec La Mottele plus d’intimité, lui rendent ce témoignage, que la douceur de soncommerce était trop simple et trop soutenue pour être jouée. Mais ,ne fût-elle pas tout-à-fait sincère, on conviendra du moins que cetteaménité apparente était préférable s la dureté grossière avec laquelletant de gens de lettres ne rougissent pas de se traiter. La politesse peutnotre qu’un masque dont il est bon de se défier; mais celte défianceest encore moins pénible que des querelles acharnées et scandaleuses.