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Tome troisième.
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i^G ÉLOGE DE FLEURI AU.

son discours, et pria le récipiendaire de s’en charger. Il arrivace qui est arrivé plus d’une fois en pareille conjoncture , que lerécipiendaire fit mieux pour le directeur qu’il n’avait fait pourlui-même , parce qu’il avait voulu seulement bien faire en tra-vaillant pour le directeur , et qu’en tâchant pour lui de faireencore mieux, il avait fait plus mal. Le public préféra les ex-pressions simples et nobles du sentiment aux pénibles efforts del’art.

L’Académie de Bordeaux avait choisi le comte de Morvillepour protecteur. Quoi qu’il en fût digne par son amour pour leslettres et par ses connaissances, nous ne saurions trop répéterque ce titre est trop grand pour quelque particulier que ce puisseêtre, et qu’une compagnie de véritables gens de lettres ne doitavoir pour protecteur que le souverain , ou personne.

Élevé aux plus grandes dignités de l’État, il ne manquait aucomte de Morville que de les perdre , pour prouver combien ilen était digne. Les circonstances parurent demander qu’il remîttous ses emplois. Il se retira comblé de l’estime et des grâces dumonarque. Les lettres et les beaux arts qu’il aimait, firent, nonpas la ressource, mais la douceur de sa retraite ; on ne pouvaitpas dire, en voyant la paix dont il jouissait, que la philosophien’avait été pour lui qu’un asile dans sa disgrâce, et une espècede pis aller; elle lui fit même goûter un bonheur qu’il auraitpeut-être ignoré dans l’éclat de sa fortune : il conserva tous sesamis, parce qu’ils l’avaient été de sa personne et non de ses places.Les ministres étrangers , qui avaient connu sa probité et ses lu-mières, continuèrent à le voir assidûment, comme s’ils avaienteu encore à traiter avec lui ; ils rendirent au sage qu’ils respec-taient, les soins qu’ils avaient rendus à l’homme d’état; et l’und’eux lui donna en mourant la plus grande marque d’estimeque puisse donner un étranger à un ministre qui n’est plus rien,il le fit son exécuteur testamentaire. Réduit à ses seules vertus,le comte de Morville eut la satisfaction si douce de jouir plusieursannées de celte considération personnelle , digne et vraie récom-pense des âmes honnêtes, parce qu’elle ne s’accorde ni au créditni aux dignités.