ÉLOGE DE JACQUES ADAM 1 * .
lions n’avons de cet académicien aucun ouvrage qui puissejustifier aux yeux de la postérité le choix que la compagnie a faitde lui. Il n’en était pourtant pas indigne. Il avait étudié avec soinnotre langue ; il savait très-bien la plupart de celles de l’Europe;il avait cultivé à fond la langue grecque , et s’était même élevéjusqu’à l’hébreu. Son mérite fut connu de bonne heure de cetillustre prince de Conti, qui avait montré dans plusieurs bataillesle talent le plus éminent pour la guerre, qui joignait à ce talentles qualités les plus aimables, et que la Pologne souhaita d’avoirpour roi, sans être assez heureuse pour y réussir. Ce prince dé-sira en mourant que l’éducation d’un fils qui lui était cher futconfiée à M. Adan*$ et l’instituteur s’acquitta si dignement desdevoirs de cette place , que l’élève qu’il avait formé, devenu pèreà son tour , le chargea d’élever de même le prince son fils *.
L’Académie regarde comme les bienfaiteurs des lettres et del’Etat, ceux qui donnent ou tâchent de donner aux princes uneéducation digne de leur rang , et de leur inspirer l’amour de lavérité , des lumières et de la vertu ; elle crut donc devoir témoi-gner à M. Adam sa reconnaissance et son estime , en le choisis-sant pour un de ses membres. Plus elle le connut , plus elle eutlieu de s’applaudir de son choix. M. Adam ignorait et cachaitson mérite avec le même soin que tant d’autres se donnent pourétaler et pour enfler le leur. Cependant, jaloux de payer auxlettres son contingent d’académicien, et de se montrer digne,aux yeux du public, de l’honneur que la compagnie lui avaitfait, il entreprit et acheva une traduction d’Athénée , qu’il seproposait de mettre au jour. Depuis sa mort, on a long-tempsespéré de la voir paraître ; l’espérance qu’on en avait est presqueabsolument évanouie, au grand regret des gens de lettres 3 :cette traduction était en effet très-intéressante pour eux. L’ou-vrage d’Athénée est, ainsi que celui d’Elien, et quelques autres ,une espèce d 'ana, où l’on trouve sur l’antiquité des anecdotescurieuses , qu’on chercherait inutilement ailleurs ; mais le texte
1 Secrétaire des commandemens de son altesse sérenissime monseigneur leprince de Conti, ne' ti Vendôme en i 6 f >3 ; reçu le a décembre ija 3 , à la placede Claude Fleury; mort le ta novembre I^ 35 .
1 Mort le a août 1776.
3 On écrivait ceci en 1780. La traduction a depuis été retrouvée , etM. l'abbé Dcsaunays, garde de la bibliothèque du toi, s’est chargé de lapublier.