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Tome troisième.
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ÉLOGE DE JACQUES ADAM. i83

eu était si corrompu, qu’il avait presque besoin d’être refait enune infinité d’endroits ; de plus, on n’avait d’autre version fran-çaise de cet auteur, que celle de l’abbé de Marolles, égale enmérite aux autres traductions du même écrivain *. M. Adampréparait à la fois deux éditions d’Athénée , l’une française ,l’autre grecque , dans laquelle il avait rétabli plus de six millepassages. Quoiqu’un si grand nombre de restitutions semblepresque incroyable , ditM. l’abbe Rothelin dans son éloge , ceuxqui l’ont connu savent qu’il portait jusqu’au scrupule la crainted’en trop dire lorsqu’il parlait de lui, et de n’en pas dire assezlorsqu’il parlait des autres.

On peut seulement être étonné que notre académicien , écri-vain très-religieux, car sa piété était solide et sincère, eût choisipour objet de son travail, un auteur aussi plein d’obscénitésqu’Athénée ; il aurait mis sans doute à la tête de sa traduction cevers si connu :

Lasciva est nobis pagina, vila proba est.

Mes mœurs de mes écrits démentent la licence.

Par ce détail simple et vrai sur les travaux et les titres acadé-miques de M. Adam, on voit que s’il n’occupe pas une placeéclatante dans la liste de cette compagnie, c’est à un principe,aussi louable que rare , de défiance en ses propres talens, qu’ilfaut attribuer l’espèce d’obscurité où son nom semble être restédans les lettres. C’était un de ces académiciens qui sont peu faitsà la vérité pour décorer la compagnie aux yeux du public dansnos assemblées solennelles , mais qui n’en sont que plus néces-saires à nos séances intérieures , pour soutenir et fortifier notretravail commun par l’étendue et la variété de leurs connaissances.Cette classe de nos confrères est parmi nous à peu près ce quela classe des cultivateurs est dans l’État, celle qui alimente etfait vivre les autres ; elle ne joue pas le rôle le plus brillant, maiselle remplit pour nous le rôle le plus utile. Tel était M. Adam.Un grand fonds d’érudition , une mémoire prodigieuse , un goûtsûr, un jugement sain , une connaissance profonde des règles etdes finesses de la grammaire, décelait à tous momens aux yeuxde ses confrère étonnés, le prix dont il était pour eux, et queson humilité, toute sincère qu’elle était, ne pouvait leur cacher.L’attachement, le respect même qu’ils lui témoignaient, lui étaitd’autant plus assuré , qu’il avait pour fondement leur amour-propre; ils sentaient que dans la tête d’un savant si modeste et

‘ Comme cette traduction, tonte mauvaise qu’elle est, est malheureusementunique, elle est aujourd’hui très-rare et trés-recherclièe, en attendant qu'on

* donn# «ire»