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Tome troisième.
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DE JACQUES ADAM. i85

peclable père, plusieurs détails intércssans et trop honorables à samémoire pour que nous n’eu fassions pas usage.

Ses parens, chargés de huit enfans dont il était le dernier, le des-tinèrent à l’état ecclésiastique, auquel semblait l’appeler la sagesse deses mœurs et une maturité d’esprit au-dessus de son âge. l^es premiersmaîtres qu’on lui donna n’eurent bientôt plus rien à lui apprendre, etle remirent aux oratoriens de Vendôme , chez qui ses progrès ne furentpas moins rapides. Quoique très-jeune encore ils l’envoyèrent à Parisavec une lettre pour le célèbre Rollin, qu'ils priaient de vouloir bien leplacer. Rollin ayant lu la lettre, demanda où était le sujet que ces pères luirecommandaient, ne pouvant croire que ce fût l’enlant qu’il avait sousles yeux. C’est moi, monsieur, répondit avec modestie le jeune Adam.Charmé de cette simplicité, Rollin lui fit plusieurs questions, et vitbientôt, par ses réponses, combien le jeune homme était digne de l’in-térêt qu’on cherchait à lui inspirer. Après l’avoir essayé dans une pre-mière place, il le proposa et le présenta à l’illustre abbé Fleury, quicherchait un homme instruit pour l’aider dans ses travaux sur VHistoireecclesiastique. L’abbé Fleury, étonné de sa jeunesse (car il n’avait pasquatorze ans, et paraissait en avoir moins ), crut qu’en cette occasionRollin voulait plaisanter, quoiqu’il ne plaisantât guère : Croyez-moi,lui dit Rollin, attachez-vous ce jeune homme, et soyez sûr que vousme remercirez bientôt du présent que je vous Jais. Le jeune Adamrépondit en effet, par son travail et par ses vertus, aux promesses deRollin et aux espérances de l’abbé Fleury, qui ne dissimulait pas com-bien son Histoire ecclésiastique lui était redevable, qui faisait sans cesseviolence à sa modestie en le comblant d’éloges, et qui finit par se l’as-socier dans l’éducation du prince de Conti, ne croyant pas pouvoirchoisir, dans cet emploi difficile, un coopérateur plus éclairé.

Les talens qu’il montra dans ce premier essai d’éducation engagèrentson élève même, comme nous l’avons dit, à le charger de l’éducationen chef de sou propre fils. Mais une raison puissante y mettait obstacle.M. Adam n’était pas gentilhomme, et le prince n’osait, en conséquencede ce beau préjugé, lui donner la qualité de gouverneur ; car le rotu-rier le plus vertueux, le plus éclairé, le plus respectable enfin, ne pa-raissait pas digne d’une si grande place. Le prince , pour accommodertout, proposa à M. Adam de prendre l’habit ecclésiastique, espèce d’étatamphibie qui le rendrait susceptible de la place qu’on désirait de luidonner. M. Adam refusa, sans balancer, de se prêter à ce travestisse-ment : Je ne me sens point, dit-il, appelé à cet état, et je me croiraiscoupable d’en prendre le masque pendant dix années. Enfin, aprèsquelques jours de réflexion, le prince eut le rare courage de sacrifierses scrupules, et aima mieux donner pour gouverneur à son fils un sagequ’un gentilhomme.

Le gouverneur s’appliqua surtout à inspirer à son élève les vertus quifont aimer 1 humanité, et qui rendent les princes chers aux malheureux.11 avait soin, quand il l'accompagnait, de charger toujours sou jeune élève.