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DE JACQUES ADAM. 187
et toute la douceur de son âme. La veille de sa mort, on parla devantlui d’une traduction française et ancienne d’un livre anglais , traductionqu’il n’avait pas lue depuis quinze ans. Il en cita quelques morceauxcomme s’il les avait lus de la veille. Quelques instans avant d’expirer,il montra les scrupules d’un bon père sur le peu qu’il avait fait pour safamille : Je crains , disait-il, d’avoir trop sacrifié aux occupations demon état, les soins que je devais à ces infortunés, que ma mort laisseen bas âge et dans l’indigence. Il les recommanda au prince son élève ,que d’autres soins empêchèrent sans doute de. se rappeler une recom-mandation si intéressante et si juste.
ELOGE DE MALET 1 .
O N ne lui voit d’autre titre académique qu’un prix de versqu’il avait remporté ; encore la lecture de sa pièce donne-t-ellelieu de croire qu’il n’eut pas à vaincre des concurrens bien re-doutables : ce fut pourtant cette victoire faible et unique qui luivalut les honneurs littéraires. On doit supposer, pour la justifi-cation des académiciens qui l’adoptèrent alors, ou qu’en cemoment les grands talens étaient rares, et que la compagnietrouvait aussi peu de bons écrivains à recevoir, que de bonspoètes à couronner, ou que des raisons particulières empêchaientles talens distingués de se mettre sur les rangs, ou enfin quedes motifs plus puissans encore ne permettaient pas à l’Académied’aller au-devant du mérite : car pourquoi ne viendrait-ellepas, quand rien ne s’y oppose, chercher d’elle-mêine le géniemodeste? Quoi qu’il en soit, l’ode de M. Malet, car c’était uneode comme beaucoup d’autres fut envoyée à la reine Anne
* Jean-Roland Malet, gentilhomme ordinaire du roi, reçu le ag décembre1714, la place de Jacques Tourreil ■ mort le ta avril 1736.
* L’Académie ne se croyait pas alors obligée d’étre fort difficile sur les ou-vrages qu’on lui envoyait pour le prix; témoin le malheur qu’elle eut, l’annéemême de la réception de M. Malet, de couronner de mauvais vers de l’abbé dulatry, qui avait Voltaire pour concurrent. Voici les premiers vers de la pièce,dont le sujet était le chœur de Notre-Dame , commencé par Louis XIII ,et achevé par Louis XIV.
Enfin le jour paraît où le saint tabernaclell’ornemens enrichi nous offre un beau spectacle.
La mort ravit un roi plein d’un projet si beau , etc.
Il faut avouer, au reste, qne quand on propose de pareils sujets, on neC 8 u ère s’attendre à de meilleurs vers.
01 les pièces de vers que l’Académie couronne aujourd’hui ne (ont nai
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