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qu’il n’était pas, remercia ces académiciens bénévoles, en lesassurant qu’il n’était pas digne d’être assis au milieu d’eux. Nousrépétons d’après lui, qu’il ne s’en croyait pas digne ; car nousne voulons pas supposer , pour son honneur, qu’il méprisât uneplace que les Corneille, les Racine , les Bossuet et tant d’autresgrands génies avaient acceptée comme une faveur, et dont lespremiers hommes de l’Etat se sont crus honorés dans tous lestemps. Cependant le ministre, en se rendant justice, ne voulutpas renvoyer mécontens ceux qui désiraient si fort de l’avoirpour confrère ; et peut-être dans la vue secrète de faire usage ducrédit que sa place lui donnait auprès d’eux , il leur proposa detransporter leur bonne volonté à M. Malet, qui lui était alorsattaché en qualité de premier commis des finances , et pour le-quel il avait une estime dont il lui donna des preuves efficacesen cette occasion. J’ai dans mes bureaux, répondit-il aux aca-démiciens qui lesollicitaient, un homme qui fait, à ce qu’on m'adit, d’assez bons vers ; vous me ferez plaisir de le prendre à maplace, si vous n’avez rien de mieux à choisir. Cette recomman-dation , soutenue du prix dont nous avons parlé, ouvrirentl’Académie à M. Malet Le directeur, en rendant compte del’élection au roi, qui trouvait apparemment que la compagnie n’a-vait pas été fort difficile, ne manqua pas de faire valoir la médailleet le nom de la reine Anne, à qui Louis XIV avait en ce mo-ment trop d’obligation' pour ne pas joindre son suffrage à celuide cette princesse. La compagnie apporterait aujourd’hui plusde rigueur dans son choix, même après la recommandation d’unmiuistre ; et les académiciens qui s’abaisseraient de la sorte au-près de quelque homme en place que ce pût être, seraient non-seulement désavoués, mais vivement et honteusement répri-mandés par leurs confrères. Le temps de ces bassesses n’est plus,au moins pour ceux des gens de lettres qui savent se respectereux-mêmes, et qui ne veulent avilir ni la profession estimablequ’ils exercent, ni lescorps dont ils ont l’honneur d’être membres.La littérature a pris aujourd’hui, à l’égard même des hommesaccrédités et puissans , un ton plus noble et plus digne d’elle,qu’elle ne l’avait dans le siècle dernier. On ne voit plus, ou du
' On cita, au sujet de ccttc élection, les vers que l’abbé de Clianlicu avaitfaits pour un autre candidat qui, vingt ans auparavant, était entré dans ccttcmême compagnie, par la protection d’un autre controleur-général auquel ilétait attaché.
Il en sera, quoi qu’on en die ;
C’est un impôt que Pontchartrain
Vent mettre sur l’Académie.
V ers peu flatteurs sans doute pour nnc société littéraire, mais qu’il est peut-ette utile de lui rappeler, pour qu’elle n’en mérite jamais de pareils.