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Tome troisième.
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ÉLOGE D’ANTOINE PORTAIL *.

Soîf éloquence naturelle et son amour pour les lettres furent sestitres d’académicien. Le discours noble et modeste qu’il pro-nonça à sa réception , doit être distingué dans le recueil de nosharangues. Quoique revêtu de la première dignité du premierparlement du royaume, il crut s’honorer en venant s’asseoirparmi nous à la dernière place, et en nous assurant de tout leprix qu’il mettait à nos suffrages. Son discours fit d’autant plusd’impression , qu’il en rappela un autre un peu différent, pro-noncé dans une occasion semblable , par un magistrat qui étaitvenu comme lui prendre séance à l’Académie. Ce discours, quine fut point imprimé dans le temps , pour l’honneur de cet aca-démicien, et qu’on a même oublié aujourd’hui, nous paraîtassez remarquable par son laconisme peu modeste, pour êtrerapporté dans cet article comme un modèle de ridicule ; il pourraservir de leçon aux récipiendaires , de quelque état qu’ils soient,qui seraient tentés à l’avenir de tomber dans de pareils écarts.

« Messieurs , je dois à vos illustres fondateurs les premiers» succès de ma vie. Ils me facilitèrent les moyens d’entrer dans» les places que mes aïeux avaient autrefois occupées. Si vous» me communiquez vos lumières, je saurai les faire valoir. Les» AthéniensavaientbàtileurLycéeàcôté de l’Aréopage ; lalangue» d’Ulysse ne contribua pas moins à la prise de Troie que les» armes d’Achille. Je viens prendre aujourd’hui.une place parmi» vous. Quand Hercule veutêtre citoyen de Corinthe , personne» n’en doit refuser l’avantage. »

On ne sait qui est l’Hercule dont le nouvel académicien vou-lait parler. Si c’était lui-même, comme on est tenté de le croire,le discours qu’on vient de lire n’est pas un des plus dignes tra-vaux du nouvel Alcide.

* Premier president du parlement de Paris, rceu le 28 décembre 1724» **la place de Francois-Timole'on de Choisy j mort le 3 mai 1736.