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Tome troisième.
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ÉLOGE DE RABUTIN,

COMTE DE BUSSI ».

(je prélat avait pour père le fameux comte de Bussi, qui futcomme lui de l’Académie Française ; et le contraste du père etdu fils nous oblige ici à dire un mot du premier. Ce faible etinfortuné courtisan, disgracié par Louis XIY pour son Histoireamoureuse des Gaules, passa le reste de sa vie à expier cettesatire par les éloges outrés dont il fatiguait le monarque , sanspouvoir le persuader de la sincérité de son hommage. L’adula-tion , toujours avilissante pour le malheureux qui la prostitue,est le comble de l’humiliation lorsqu’elle ne peut réussir à trom-per celui même qu’elle a pris pour son idole ; et surtout lorsqueayant d’abord voulu mutiler cette idole redoutable, elle chercheensuite à l’apaiser en lui prodiguant à regret l’adoration etl’encens. Ce courtisan si abject inspirait d’autant moins d’intérêt,que flatteur et rampant aux pieds de son roi, il était plein dehauteur et de morgue avec ses égaux ou ses inférieurs ; son or-gueilleuse bassesse croyait se dédommager , par cette mépri-sable ressource, des dégoûts qu’elle éprouvait en se prosternantsur les marches du trône ; il parlait sans cesse des avantagesdont il croyait jouir, de ses qualités réelles ou prétendues, etsurtout de sa noblesse , dont il fatiguait les oreilles de ceux quiavaient la patience de l’écouter (i). On voit par ce détail que lecomte de Bussi justifie mieux que personne la définition ducourtisan, donnée par un philosophe, définition néanmoins quetous les courtisans , ou plutôt tous les liabitans de la cour , n’ontpas méritée. Un glorieux qui passe sa vie à faire des bas-sesses , c’est-à-dire, un des êtres dont Fexistence dégrade leplus l’espece humaine.

Cet esclave si glorieux et si bas , désespérant enfin de rentreren grâce , après ses vaines et mortifiantes tentatives , embrassa ,comme tant d’autres de ses pareils , l’obscure ressource de ladévotion, et peut-être avait-il l’espérance secrète que sa dévo-tion lui mériterait les bontés d’un prince qui commençait à sereprocher sérieusement les mêmes faiblesses dont le comte deBussi avait eu l’imprudence de plaisanter. Il écrivit un ouvrage

' Miehcl-Celse-Roger (le Rabntin , comte de Russi, cvdqne de Lnron ,reçu le 6 mars 173a, à la place d’Aloine Houdart de La Motte; mort le 3 no-vembre 17.36.