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Tome troisième.
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i<)8 ÉLOGE

indifférens au progrès des lumières; plusieurs y ont nui, parcequ’ils le redoutaient, disait si bien Duclos, comme les voleursde nuit redoutent les réverbères ; plusieurs même ont haï lestalens en feignant de les aimer ( 3 ). Le maréchal d’Eslrées n’étaitpas de ce nombre. Il aimait les lettres en apparence et en effet,et son apologie du sage Montesquieu en est la preuve.

Après avoir rendu au courage littéraire de ce digne académi-cien la justice que nous lui devons, il nous sera permis d’ajouterà tout ce qu’on sait de son courage militaire (4), que ce cou-rage ne se bornait pas à braver la mort dans les combats, qu’ilse montrait jusque dans les maladies les plus cruelles, et qu’ilallait même jusqu’à la gaieté. Le maréchal d’Estrées se fit taillerde la pierre, et fut dans le plus grand danger. Un courtisandont la vie était très-peu édifiante, mais qui joignait à desmœurs scandaleuses la dévotion d’une âme pusillanime, envoyasavoir de ses nouvelles en ajoutant qu’il allait prier Dieu pourlui : Qu’il s’en garde bien, répondit le maréchal, il gâterait tout.Ces sortes de traits ne méritent pas moins d’être recueillis dansla vie d’un grand capitaine, que tant d’autres traits de com-mande et de parade si pompeusement étalés par les historiens.C’est là ce qu’on cherche et qu’on aime dans les vies de Plutar-que , bien plus que des récits de sièges et de batailles.

On fit sur les billets d’enterrement du maréchal d’Estrées lamême omission dont nous avons déjà parlé à l’article du prési-dent de Mesmes ; on y oublia son titre d’académicien : sa res-pectable famille ne montra pas moins d’empressement à réparercette faute, qu’en avait montré celle de M. de Mesmes; elleassura l’Académie du regret qu’elle avait de l’omission d’un titreauquel le maréchal d’Estrées attachait un très-grand prix ; etles mânes de cet illustre confrère, qui, de son vivant, avaitdonné à la compagnie tant de marques d’attachement et d’es-time, semblèrent encore nous dire après sa mort ! Je suis tou-jours avec vous.

NOTES.

(i) IYTessieuiis l’abbé Delille et Suard ayant été élus par l’Académiele y mai 1772, à la place de MM. Bignon et Duclos, le roi, prévenucontre ces deux hommes de lettres par des hommes qui ne l’étaientguère, jugea à propos de refuser, ou plutôt de différer son consente-ment à celte élection. Mais bientôt, mieux informé et détrompé entiè-rement par le duc de Nivcrnois et le prince de lleauveau , il rendit à