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leur place le plus noble usage auquel ils pussent l’employer, celuide veiller aux intérêts des gens de lettres, qui en faisant vivreles comédiens, se plaignent d’en éprouver souvent la dureté, lescaprices et l’ingratitude ; c’est aux supérieurs respectables denos acteurs, qu’il appartient de mettre les auteurs dramatiquesà l’abri des dégoûts kumilians que le talent essuie dans cet aréo-page, et d’empêcher que les écrivains, dont les ouvrages hono-rent la nation, ne soient vexés et rebutés par ceux qui leurdoivent leur existence , et qui ont paru trop souvent oublier leursbienfaiteurs
NOTES.
(i) Quel bonheur pour le duc de La Trémouille, et pour une familleà qui il était cher, s’il avait pu connaître et mettre en usage cette pré-cieuse sauvegarde de l’inoculation, que le préjugé et la superstitions’efforcent tant de décréditer, et qui finira par triompher têt ou tard,parce que la raison , comme l’a dit un sage, doit finir toujours paravoir raison ! C’est au temps seul à lui faire gagner sa cause ; car mal-gré l’exemple de presque tous les princes de l'Europe, qui ont subi l’ino-culation avec succès, exemple si propre en apparence à entraîner lamultitude, le préjugé et la superstition trouvent encore de la force etde l’appui pour retarder l’effet d’une leçon si puissante ; les ennemis deslumières et des peuples ne savent combattre ou décrier l’autorité , quepour empêcher le bien qu’elle voudrait faire.
(2) « Le duc de La Tremouille eut son chapeau percé d'une balle de» mousquet à l’attaque du château de Milan, reçut une contusion à» celle du château de Colorno, fut blessé légèrement à la bataille de» Parme ; et à celle de Guastalla, étant tombé dans un fossé, il fut» foulé aux pieds, ce qui ne l’cmpccha pas, après qu’il eut été relevé,» de continuer à combattre, jusqu’à ce que s’étant trouvé mal de la» chute qu’il avait faite , il fut obligé de se retirer. » ( Voyez le Diction-naire de Moreri, à l’article de La Tremouille. )
Sans nous étendre davantage sur les qualités militaires de notre aca-
* On a vu les Comédiens français représenter successivement sur leurthéâtre, en 1782, plusieurs pièces où des hommes de lettres très-distingués,très-estimables, auteurs même d’ouvrages qu’on représente très-fréquemment,étaient désignés de la manière la plus claire , et exposés à la risée de la mul-titude. Toute la littérature a de plus été instruite de l’espèce de procès quis’est élevé en 1780 entre les auteurs dramatiques et les comédiens, sur l’in-justice que les premiers se plaignaient d’essuyer relativement à l’honorairede leurs ouvrages. Ce procès n’est pas terminé, et les gens de lettres qui sccroient très-fondés dans leurs plaintes, y ajoutent celle de n’avoir pu encoreobtenir justice.