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Tome troisième.
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DE DUBOS. 207

discute en écrivain capable de les traiter; les principales ont pourobjet cette imitation de la nature , qui est le fondement de tousles beaux arts; imitation que les anciens ont tant prescrite etsurtout tant pratiquée, et que de grands connaisseurs modernesont cru ou voulu nous donner comme un principe nouveau.L’abbé Dubos examine le genre de plaisir que cette imitationnous procure, en nous remettant sous les yeux, non la naturebrute et uniforme , mais la nature choisie, embellie même, enun mot, la belle nature, plus aisée peut-être à distinguer qu’àdéfinir; il détermine les bornes que le peintre et le poète doiventse prescrire en l’imitant, afin que le sentiment agréable qu’elledoit exciter par ce tableau , ne devienne pas un sentiment pé-nible; les caractères du génie, dont tant d’écrivains ont parlé,comme tant d’hommes parlent des terres australes, et qui con-sistent dans le talent de l’invention joint à l’étendue et à la pro-fondeur; les avantages que le goût peut tirer de l’observationéclairée des règles ; et les entraves oh l’observation trop scrupu-leuse de ces mêmes règles peut resserrer et étouffer le génie ; lescauses qui ont rendu quelques siècles si féconds, et quelquesautres si stériles en artistes célèbres ; celles qui font que les grandshommes en tout genre paraissent ordinairement tout à la foiscomme l'effet d’une fermentation générale de la nature , excitéetout à coup dans une nation par l’action et l’énergie des circons-tances; l’incertitude et l’espèce de fluctuation que les causes mo-rales produisent quelquefois dans les jugemens du public, quine prennent une consistance assurée que dans les moraens decalme oh reparaissent enfin la lumière et la justice; l’influence,souvent si puissante, de ces mêmes causes sur les jugemens desartistes, et le tort, au moins passager, qu’elles peuvent faire àces jugemens; enfin, l’avantage dont jouissent les grands poètesd’être lus et admirés dans tous les Ages, tandis que les philoso-phes les plus célébrés de leurs temps sont enfin oubliés avec leursopinions; ce qui ne doit pourtant s’entendre que des philosophesqui ont plus songé à établir des systèmes que des vérités. L’abbéDubos paraît surtout s’être occupé avec soin de la question phi-losophique , Si la discussion est préférable au sentiment pourjuger les ouvrages de goût; question si souvent agitée, et à la-quelle peut-être il ne faut répondre que ces deux mots : Sentezd abord, et discutez ensuite; car si le sentiment a bien jugé, ladiscussion confirmera l’arrêt qu’il a rendu.

Quelque estimable cependant que soit cet ouvrage, on ne doitpas tout-à-fait le juger relativement à l’état présent de notre lit-térature , et aux idées lumineuses que nous avons acquises surles différens objets du goût. Il faut se souvenir que ces idées,