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approfondies et analysées de nos jours par plusieurs excellens es-prits , étaient alors ou ignorées ou peu connues ; et tenir compteà l’abbé Dubos d’avoir su le premier en entrevoir plusieurs, endévelopper quelques unes, répandre, pour ainsi dire, la semencequi en a fait naître de nouvelles. En un mot, cette productionsaine et féconde de notre académicien, offrant partout des prin-cipes sûrs et solides en matière de goût, et traçant aux écrivainset aux artistes la voie dont ils ne doivent jamais s’écarter, res-semble à ces colonnes miliaires qui, chez les Romains, indi-quaient les grandes routes, et éloignaient les voyageurs des che-mins détournés. Aussi le succès que l’ouvrage obtint, produisittout l’effet que l’auteur pouvait en attendre ; il lui ouvrit lesportes de cette compagnie , dont le suffrage fut confirmé etmême prévenu par celui du public.
Le zèle avec lequel il remplit les devoirs attachés à ce titre,son assiduité, ses connaissances, son caractère doux et modeste,déterminèrent l’Académie, après la mort de Dacier, à l’élirepour secrétaire d’une voix unanime. Avant d’obtenir cette der-nière place, il avait mis le sceau, pour ainsi dire, au choix decette compagnie, par plusieurs éditions de ses Réflexions sur laPoésie et la Peinture, où il ajoutait des vues nouvelles à cellesqui avaient déjà donné tant de prix à son ouvrage. Il était néan-moins occupé, dans le même temps, d’un objet très-différentet presque opposé, mais très-intéressànt pour notre histoire, descauses et des circonstances de Y Etablissement de la Monarchiefrançaise dans les Gaules. Il donna au public, dans le plus granddétail, le fruit de ses recherches sur cette matière importante ;il se propose de prouver que les Francs sont entrés dans lesGaules non en conquérans , mais à la prière de la nation , qui lesappelait pour la gouverner. Cette opinion, exposée par l’abbé Du-bos avec beaucoup d’art et de savoir, eut d’abord de zélés par-tisans; elle a eu depuis beaucoup de contradicteurs, à la têtedesquels il en est un qui seul tiendrait lieu de beaucoup d’autres,l’auteur de l 'Esprit des Lois. Cet écrivain célèbre a employé ledernier livre de son immortel ouvrage à réfuter ce système ,qu’il appelle un colosse immense, dont les pieds sont d’argile.Nous n’entreprendrons point de juger ce colosse; c’est pour luiun assez grand honneurque l’illustre Montesquieu l’ait cru dignede ses coups ; et l’abbé Dubos, quand il aurait succombé sous ceredoutable adversaire, aurait pu se regarder comme un autreHector, vaincu par un autre Achille. Mais nous ignorons cequ’il aurait pensé de cette réfutation , qui n’a paru que lorsqu’ilne pouvait plus ou s’y soumettre, ou la combattre. Les lettreset l’Académie l’avaient perdu quelques années auparavant.