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Tome troisième.
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NOTE SUR L’ÉLOGE DE DUBOS.

réelles, qu’elles étaient fondées sur les intentions qu’on supposait anPrétendant pour la suppression de la dette nationale ; et ces alarmesdéterminèrent l’union de l'Angleterre et de l’Ecosse. L’innocente impru-dence de notre académicien prouve le danger de tout écrit polémiqueentre puissances ennemies.

Mais voici un trait plus remarquable et plus réfléchi du même ou-vrage. « Lorsque tout le continent de l’Amérique septentrionale ap-» partiendra à l’Angleterre , lorsqu’aux dépens de sa propre population» elle sera parvenue à le peupler , comment en usera-t-elle avec cey> nouvel Etat? en permettra-t-elle le commerce aux étrangers? lais—» sera-t-elle ses Américains, libres des impôts qu’elle paye, se gouver-» ner suivant les lois qu’ils se donneront, au mépris des actes du par-» lement de Westminster ? leur permettra-t-elle les manufactures et le» commerce avec l’étranger ? En prenant ce parti, elle tirera peu» d’avantages de ces colonies, ils seront tous pour l’étranger , et on ne» s’apercevra chez elle de sa nouvelle conquête, que par la dépopula-» lion et par la solitude qu’elle y laissera. Pour tirer de cette conquête» des avantages qui puissent indemniser de ce qu’elle coûtera, il fau-» (Irait la gouverner sur le plan et sur les principes qu’a laissés Plii-» lippe II pour le gouvernement espagnol. Mais vouloir imposer un)> joug aussi pesant à un pays si florissant, éloigné de deux mille lieue»» de ses maîtres, et peuplé de têtes anglaises , ce serait le mettre dans» la nécessité de le secouer ; le pouvoir ne lui manquerait pas, il en» aurait bientôt la volonté. »

L’abbé Dubos finit en ne donnant que dix ans de durée au règnede l’Angleterre sur sa conquête. Il a prédit ce que nous avons vuarriver.

ELOGE DE MASSILLON,

ÉVÊQUE DE CLERMONT 1 .

Jfax—Baptiste Massii.lox naquit à Hières en Provence , enIl eut pour père un citoyen pauvre de cette petite ville. L’obs-curité de sa naissance , qui relève tant l’éclat de son mérite per-sonnel, doit être le premier trait de son éloge ; et l’on peut direde lui comme decet illustre Romain qui ne devait rien à ses aïeux:videlur ex se natus {il n’a étéfis que de lui-méme). Mais non-seulement son humble origine honore infiniment sa personne,elle honore encore plus le gouvernement éclairé, qui en l’allant

■ Reçu à l’Académie le if) février 1719, il la place de Camille Le Tellier rabbé de Louvois ; mort le a8 septembre 17ja.