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Tome troisième.
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?.i 8 . ÉLOGE

ses yeux ; loin d’inviler le récipiendaire à l’assiduité, il ne l’ex-horta qu’à une absence éternelle ; et ce qui rendait le conseilplus sévère encore, il le revêtit de la forme obligeante des re-grets les plus fortement exprimés : Nous prévoyons avec douleur,lui dit-il , que nous allons vous perdre rouit jamais et que la loiindispensable de la résidence va vous enlever sans retour à nosassemblées ; nous ne pouvons plus espérer de vous voir, que dansles momens où quelque affaire fâcheuse vous arrachera malgrévous à votre Église (5).

Ce conseil fut d’autant plus efficace, que celui qui le recevaitse l’était déjà donné lui-même. Il partit pour Clermont, et n’enrevint plus que pour des causes indispensables , et par conséquenttrès-rares. Il donna tous ses soins au peuple heureux que la Pro-vidence lui avait confié. Il ne crut pas que l’épiscopat, qu’il avaitmérité par ses succès dans la chaire, fût pour lui une dispensed’y monter encore, et que pour avoir été récompensé, il dûtcesser d’être utile. Il consacrait avec tendresse à l’instruction despauvres , ces mêmes talens tant de fois accueillis par les grandsde la terre, et préférait aux bruyans éloges des courtisans , l’at-tention simple et recueillie d’un auditoire moins brillant et plusdocile. Les plus éloquens peut-être de ses sermons sont les con-férences qu’il faisait à ses curés ( 6 ). Il leur prêchait les vertusdont ils trouvaient en lui l’exemple , le désintéressement, la sim-plicité, l’oubli de soi-même, l’ardeur active et prudente d’unzèle éclairé, bien différente de ce fanatisme qui ne prouve quel’aveuglement du zèle, et qui en rend même la sincérité très-douteuse. Une sage modération était en effet son caractère do-minant. Il se plaisait à rassembler à sa maison de campagne desoratoriens et des jésuites ; il les accoutumait à se supporter mu-tuellement, et presque à s’aimer ; il les faisait jouer ensembleaux échecs, et les exhortait à ne se faire jamais de guerre plussérieuse ( 7 ). L’esprit de conciliation dont sa conduite était lapreuve, et sa manière de penser bien connue sur le scandale detoutes les querelles théologiques , fit désirer au gouvernementqu’il essayât de rapprocher le cardinal de Noailles de ceux quiaccusaient la doctrine de ce pieux archevêque ; mais l’impartialitéqu’il montra dans celte négociation produisit son effet naturel,celui de mécontenter les deux partis ( 8 ). En vain il leur repré-senta que des hommes destinés par état à prêcher l’Evangile àleurs frères , ne devaient pas commencer par en violer un desprincipaux préceptes, celui de l’union et de la paix ; que leursdivisions, déjà si fâcheuses , sur Y amour de Dieu, ne les dispen-saient pas de Y amour du prochain ; que ces disputes étaient à lafois, et pour les faibles un sujet de scandale, et pour les iucrc-