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DE MASSILLON.dit un autre Père «le l’Eglise, que prêchant un jour devant une assem-blée nombreuse, il fut d’abord très-applaudi, mais très-mécontentde ce genre de succès , et qu’il ne crut avoir réussi que lorsqu’il vitpleurer son auditoire.
Si Massillon a été sensible aux éloges, il n’en a peut-être jamais reçude plus flatteurs que celui d’une femme du peuple, qui se trouvantpressée par la foule à un de ses sermons, disait avec humeur etdans son langage: Ce diable de Massillon, quand il prêche , remuetout Paris. Cependant il est très-certain, qu’à l’âge de vingt-sixans, c’est-à-dire , après ses premiers essais, Massillon avait écrit augénéral de l’Oratoire, que son talent et son inclination l J éloignaient dela chaire : c’est vraisemblablement alors qu’il alla faire à Septfons leséjour dont nous avons parlé ; anecdote très-vraie, et que celui quinous l’a racontée , prédicateur célèbre et vivant, avait apprise à l’Qra-toire. Ce meme prédicateur tient aussi de la personne qui en a ététémoin , la peinture touchantè que nous avons faite de la douleurvive qu’un des grands vicaires de Massillon , plusieurs années aprèssa mort, témoignait encore de l’avoir perdu.
( 2 ) On nous a objecté que si l’orateur avait eu cet exorde à pro-noncer après les désastres qui accablèrent la vieillesse du Prince , ilaurait dû prendre un autre tour, et ne pas lui dire : heureux ce roiqui n’a jamais combattu que pour vaincre , etc. Cette remarque esttrès-juste : il est certain que Massillon eût été obligé de faire quelqueschangemens à la tournure de cet exorde. Mais quel sublime parallèleil aurait pu faire de la gloire passée de Louis XIV avec ses malheursprésens ! et quelle conclusion touchante il en aurait pu tirer , enappliquant à l’infortuné monarque ces paroles consolantes : bien-heureux ceux qui pleurent ! Le sujet était si beau , qu’il semble qu’uuorateur même assez médiocre aurait fait couler des larmes.
Madame de Coulanges, dans une lettre à madame de Sévigné, faitune réflexion très-judicieuse sur le genre de succès que Massillonavait à la cour. Il réussit , dit-elle , à Versailles comme il a réussi àParis ; mais on sème souvent dans une terre ingrate quand on sème àla cour ; c’est-à-dire , que les personnes qui sont fort touchées de ser-mons sont déjà converties , et les autres attendent la grâce souventsans impatience ; l’impatience serait déjà une grande grâce.
(3) On sait l’excellente réponse de Louis XIV à un prédicateur qui,dans un sermon fait en sa présence , l’avait grossièrement désigné :je prends volontiers ma part du sermon , mais je n’aime pas qu’on mela fasse. On a prétendu que Bourdaloue même avait sur ce pointpassé les bornes, et que dans le temps des amours du roi avec
d’après celte'désobligeante acceptation : Des citoyens qui ont fait tout cetpi ils ont pu pour dire aimes, et qui n’ont pas eu le bonheur d'r réussir.Ne faisons pas un crime à S. Grégoire d’une faiblesse dont S. Paul s’accusem-mème, en avouant que le Seigneur lui avait donné un ange de SatanP°ur le souffleter cl l’empécher de s’enorgueillir : tant l’orgueil est inhérenta notre malheureuse espèce !
1 Voyez le Viyage littéraire de Provence, par Ig P. Papon de l'Oratoire.
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