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point ; ce sont , comme dit l’Ecriture, de ces dieux qui procèdent Utpeuples pour les conduire. Ce sont les peuples qui, par ordre de Dieu,les ont faits tout ce qu'ils sont ; c'est deux à nôtre ce qu'ils sont quepour les peuples. Oui, Sire, c'est le choix de la nation qui mit d’abordle sceptre entre les mains de vos ancêtres ; c'est elle qui les éleva sur lébouclier militaire, et les proclama souverains. Le royaume devint en-suite l'héritage de leurs successeurs ; mais ils le durent originairementau consentement libre de leurs sujets. Leur naissance seule les mit en-suite en possession du trône; mais ce furent les suffrages publics quiattachèrent d’abord ce droit et cette prérogative à leur naissance. En unmot, comme la première source de leur autorité vient de nous , les roisn'en doivent faire usage que pour nous. Voilà ce que la raison et la re-ligion disent aux monarques. L'autorité royale , dit un écrivain mo-derne , vient de Dieu, sans difficulté, puisque S. Paul nous V assure ;mais c’est le consentement des peuples qui est sur ce point le signe vi-sible de la volonté divine.
( 5 ) Massiilon eut le même prédécesseur dans cette compagnie et dansl’évêclié de Clermont ; c’était l’abbé de Louvois, Camille Le Tellier ,qui avait encore avec lui d’autres rapports, ayant été privé comme lui,pendant la vie de Louis XIV, des honneurs de l’épiscopat, non parceque la calomnie attaquait ses moeurs, comme celles de Massiilon,mais parce qu’il déplaisait aux Jésuites, étant neveu de l’archevêquede Reims, Le Tellier , qu’ils n’aimaient pas. Ils peignirent à Louis XIVl’abbé de Louvois comme janséniste ; et le monarque, qui faisait aujansénisme l’honneur de le haïr et de le persécuter, refusa constam-ment de faire évêque celui que les Jésuites accusaient. Il ne put l’êtrequ’à la mort du roi : le régent Je nomma à l’évêché de Clermont; maisl’abbé de Louvois ne put jouirde cette grâce, étant mort peu de tempsaprès. Le duc d’Orléans lui donna Massiilon pour successeur, commes’il eût voulu braver les préventions injustes du feu roi, en nommantévêque à la suite les uns des autres tous ceux que ce prince avait re-jetés. Massiilon fut sacré dans la chapelle des Tuileries, en présencedu jeune roi Louis XV, par le cardinal de Fleury , alors évêque del'réjus , à qui pourtant il ne plaisait ni comme orateur distingué, nicomme oratorien ; mais l’évêque de Fréjus voulut en cette occasionfaire sa cour au régent, et même au roi son élève ; car ce jeune princeavait fort goûté le Petit Carême, et il en parlait souvent avec plaisirà son précepteur, toujours peu empressé d’applaudir aux éloges queMassiilon recevait.
Lorsque Massiilon, récemment évêque, entra dans l’Académie,l’abbé Fleury, alors directeur, lui adressa, comme nous l’avons dit,une exhortation énergique sur la résidence ; et personne alors n’en futoffensé. Il se passa, il y a environ trente années, une scène un peudifférente à la réception de l’académicien qui succéda, en 1704, à1 évoque de Yence. Le directeur (Gresset), après avoir loué beaucoup1 exactitude sévère du prélat à résider dans son diocèse, crut pouvoirajouter ces mots : Il ne ressembla point à ces pontifes agréables etprofanes, crayonnés autrefois par Desprcaux, et qui regardant leur