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Tome troisième.
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DE MASSILLON. a3i

Voici ce que Massillon écrivait encore à l’évêque de Rliodez (Tou-rouvre), qui, dans une lettre écrite au roi, et signée par quelquesévêques, avait pris la défense de celui de Senez... Les remèdes quiaigrissent le mal sont de nouvelles plaies qu'on fait à VEglise. Ceux quisont à la tête du jansénisme,et qui écrivent pour sa défense,sont des espritsoutrés, qui passent le but sur toutes les matières qu ils traitent. Il estvrai que de l'autre côté on ne s'en est pas toujours tenu aux justes bornes,et qu’on a défendu l’Eglise avec des armes qui affaiblissaient sa cause.Quel parti dont reste-t-il à prendre pour des évêques qui aiment la paixet la vérité? Il faut prendre le parti qui n’est pas parti, c’est-à-dire ,précisément celui de l’Eglise, qui désavoue et ceux qui la défendent mai,et ceux qui l’attaquent. Je connais, comme vous savez, le caractèredes appelons ; et c’est parce que je les connais, que dans aucun temps ilne m’a été possible de les goûter ; orgueil, amour de la singularité,mépris pour tout ce qui ne pense pas comme eux, quelque rang qu’onpuisse tenir dans l’Eglise, partis extrêmes, hardiesse à décider surtout ce qu’il y a de mieux établi ; nulle règle, nul amour de la paix,une intrigue et une cabale éternelle et puérile, les ignorans, lesfemmes, les dévotes, les mondains, tout leur est bon ; pour peu qu’onparaisse les favoriser , ils vous associent à eux, ils grossissent leur listede votre nom, et prennent une condescendance charitable pour uneadhésion totale à leur entêtement...

Et plus bas.. . Je plaignais, comme vous, monsieur l’évêque de Senez;je respectais son âge, son caractère, ses mœurs épiscopales ; mais jevoyais avec douleur qu’il nous avait âté lui-même tous les moyens de ledéfendre. Je reçois quelquefois de ses nouvelles ; il ne cesse de me direqu’il ne souffre que pour défendre la grâce efficace et la liberté de l’Eglisede France. J’ai beau lui répondre que sur ce pied-là, de cent vingtévêques que nous sommes, il y en aurait au moins 1 cent d’exilés : le bonvieillard n’entend rien; il ne perd pas de vue son fantôme ; ses corres-pondans abusent de sa simplicité , et le lui grossissent sans cesse avecdes éloges si pompeux sur sa fermeté, qu’il est surpris que nous ne don-nions pas tous dans un piège aussi usé ; il espère que Dieu aura égard àses bonnes intentions, mais je crains fort qu’il n'entre dans sa conduiteun peu de complaisance sur les applaudissemens du parti, et sur le tristespectacle qu’il donne à l’Eglise.

Massillon s’exprime avec la même sincérité dans une autre lettreadressée au P. Mercier, cordelier de Reims... Une des plus grandesplaies que le jansénisme ait faite au christianisme, c’est d’avoir mis dansla bouche des femmes et des simples laïques, les points les plus relevéset les plus incompréhensibles de nos mystères, et d’en avoir fait unsujet de contestation et de dispute. C’est ce qui a répandu l’irréligion ;et il n 'y a pas loin pour les lu'iques de la dispute au doute, et du doutea l’incrédulité...

(9) Ce n’était pas seulement à l’éloquence de Massillon, et à la con-

’ Cet au moins est remarquable. Est-ce que Massillon connaissait alorsquelques e'vêqucs ennemis île nos libertés? soyons du moins persuadés quede nos jours il n’en est aucun.