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être au lieu d’écrire tant d’injures en pure perte , ils feraient biende montrer une confiance plus froide dans la bonté de leur cause,et d’appliquer aux vains efforts de l’incrédulité ces deux vers siconnus :
Pour détruire tous ces gcns-là,
Nous n’avons qu’Jt tes laisser faire.
« En effet, disait avec beaucoup de sens l’abbé Houtteville,» qü’a-t-on à craindre des absurdités oit la fougue de l’irréligion>> peut emporter quelques écrivains ? Ceux qui ont étudié le chris-» tianisme, et qui sont décidés sur la vérité de ses dogmes avec» toute la fermeté qu’elle inspire, ne sont-ils pas bien assurés» que ces dogmes sont aussi démontrés que la géométrie ? pour-» quoi donc ne pas leur faire le même honneur qu’aux vérités» géométriques? pourquoi paraître douter d’une religion dé-» montrée, en paraissant redouter l’effet des coups perdus que» lui portent quelques mains téméraires? prend-on la peine de» s’irriter contre les quadrateurs du cercle , les trisecteurs de» l’angle, les chercheurs du mouvement perpétuel, lorsqu’ils» débitent leurs inepties; et ces inepties ont-elles jamais retardé» d’un moment les progrès des sciences mathématiques? Pour-» quoi donc, sous prétexte de mettre à couvert une religion qui» est si bien en sûreté, se récrier avec tant de violence sur l’au-» dace de quelques étourdis, qui osent jeter contre cette tour» une poignée de sable ? » Ainsi pensait notre sage académicien,comme nous l’avons su d’un ami à qui il s’ouvrait en pleine li-berté sur ces matières délicates; ainsi penseraient les apologistesmodernes du christianisme, si, à l’exemple de l’abbé Houtteville,ils étaient, comme ils le doivent, bien persuadés des véritésqu’ils défendent, et si l’ambition, la vanité , l'hypocrisie , neleur mettaient souvent à la main les armes sacrées , dont ils fontpour l’ordinaire un si faible et si triste usage.
Voué à la défense de la religion, notre académicien se dis-tingua encore dans cette respectable lice, par un Essai sur laProvidence, qui parut quelques années après son grand ouvrage.Cette nouvelle production essuya encore des critiques; la causedelà foi était malheureuse entre les mains de l’abbé Houtteville.Il est vrai que la matière qu’il traitait dans ce livre, envisagéedu côté purement philosophique , offre des difficultés insurmon-tables sans les lumières de la révélation ; il paraît impossible,quand on est privé de ces lumières , de justifier les voies de laProvidence par rapport à l’homme ; et, comme l’a très-bien ditPascal, Dieu reste une énigme pour qui n’est pas éclairé parle flambeau du christianisme ( 7 ). Celui que ce flambeau indis-pensable ne conduit pas, se voit, dans cette malheureuse priva-