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qui ne trouvent que ténèbres et obscurité dans toute la nature, il sembleque ce ne soit pas le moyen de les ramener que de ne leur donner pourpreuves de Ce grand et important sujet, que le cours de la lune ou desplanètes, ou des raisonnemens communs, et contre lesquels ils se sontcontinuellement roidis. L’endurcissement de leur esprit les a rendussourds à cette voix de la nature , qui a retenti continuellement à leursoreilles ; et l’expérience fait voir que bien loin qu’on les emporte par cemoyen, rien n’est plus capable au contraire de les rebuter et de leur ôterl’espérance de trouver la vérité, que de prétendre les en convaincre seu-lement par ces sortes de raisonnemens, et de leur dire qu'ils y doiventvoir la vérité à découvert. Ce n’est pas de cette sorte que l’Ecriture, quiconnaît mieux que nous les choses qui sont de Dieu, en parle. Elle nousdit bien que la beauté des créatures fait connaître celui qui en est l’au-teur ; mais elle 11e nous dit pas qu’elles fassent cet effet dans tout lemonde. Elle nous avertit, au contraire, que quand elles le font, ce n’estpas par elles-mêmes, mais par la lumière que Dieu répand en memetemps dans l’esprit de ceux à qui il se découvre par ce moyen : Quodnolum est Vei, mamjeslum est in illis , Dais enim illis manijestavit.Elle nous dit généralement que Dieu est un Dieu caché : Verè tu esDeus ahscondilus; et que depuis la corruption de la nature, il a laisséles hommes dans un aveuglement dont ils ne peuvent sortir que parJésus-Christ, hors duquel toute communication avec Dieu uous estôtée : Nemo novil patrem nisi filius, aut cui voluerit fdius révélait:.
» C’est.encore ce que l’Ecriture nous marque, lorsqu’elle nous dit eutant d’endroits, que ceux qui cherchent Dieu le trouvent ; car 011 neparle point ainsi d’une lumière claire et évidente : on ne la cherchepoint; elle se découvre, et se fait voir d’elle-même.
» Les preuves métaphysiques de Dieu sont si éloignées du raisonne-ment des hommes, et si impliquées, qu’elles frappent peu ; et quandcela servirait à quelques uns, ce ne serait que pendant l’instant qu’ilsvoient cette démonstration ; mais une heure après ils craignent de s’ètretrompés : Quod curiosiiate cognoverint, superbiâ amiserunt.
» 1 Si Dieu eût voulu surmonter l’obstination des, plus endurcis, ill'eut pu en se découvrant si manifestement à eux, qu’ils n'eusseut pudouter de la vérité de son existence.
» ’ Il ne faut pas que l’homme ne voie rien du tout ; il 11c faut pasaussi qu’il en voie assez pour croire qu’il possède Dieu, mais qu'il euvoie assez pour connaître qu’il l’a perdu. Car pour connaître qu’011 aperdu, il faut voir ; et ne pas voir, c’est précisément l’état où est lanature. »
N. B. Celte pensée n’est peut-être pas exprimée aussi clairementqu’on aurait pu le désirer; mais elle s'explique suffisamment par lesprécédentes et par les suivantes.
« 3 Les impies prennent lieu de blasphémer la religion chrétienne,parce qu’ils la connaissent mal. Us s’imaginent qu’elle consiste simple—
‘ l'eusdes, chap. iJ, n°. 1. 5 Pensées, cliap. 2, n”. t{.
1 Mem. de Littérature, t. 5 , p. 3 i.j.