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Tome troisième.
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a5<> NOTES SUR L’ÉLOGE DE HOUTTEVILLE.

pourtant encore plus certain que celui qui accuserait Pascal sur de tellespreuves, serait un détestable imposteur. Que penser donc de ceshommes qui, sur les soupçons les plus légers, crient à l'athéisme contreles écrivains les plus célèbres de nos jours ? On ne saurait trop répéter àces missionnaires [impétueux le conseil que le souriceau de la labiéreçoit de sa mère :

Garde-toi, tant que tu vivras,

De juger des gens sur la mine.

ELOGE DE SAINT-PIERRE *.

Charles-Ireses-Castel de Saevt-Pierre naquit, en i658,auchâteau de Saint-Pierre en Basse-Normandie. Nous ne savonsrien de ses premières études, et nous n’y avons pas de regret;car la première action par laquelle il nous est connu , est un traitde générosité peu commun, plus intéressant pour nous que lesprix qu’il remporta ou ne remporta point dans ses classes. Legéomètre Varignon , qui depuis se fit connaître par ses ouvragesmathématiques, menait alors une vie obscure et pauvre dans laville de Caen sa patrie; il allait souvent disputer à des thèses aucollège de cette ville, où il avait acquis la réputation, qu’il mé-prisa bien dans la suite, d’un subtil et redoutable argumenlaleur.L’abbé de Saint-Pierre qui étudiait dans ce même collège, yconnut Varignon, disputa beaucoup avec lui sur les questionscreuses qui étaient l’unique et malheureuse philosophie de cetemps-là, et goûta tellement sa société, qu’il résolut de l’em-mener à Paris, où ils devaient trouver l’un et l’autre plus desecours et de lumières. Il prit une petite maison au faubourgSaint-Jacques, et y logea avec lui le géomètre son compatriote.Mais comme ce savant, absolument sans fortune, avait besoind’une subsistance assurée pour se consacrer à son élude favorite,l’abbé de Saint-Pierre, malgré l’extrême modicité de son re-venu, qui n’était que de 1800 livres , en détacha trois cents qu’ildonna à Varignon ; il fit plus, il ajouta infiniment à ce don par lamanière dont il l’assura à son ami. Je ne vous donne pas, lui dit-il,une pension , mais un contrat, afin que vous ne soyez pas dansma dépendance, et que vous jmissicz me quitter pour aller

■ Abbé de Tiron, aumônier de Madame, duchesse d’Orléans , reçu le3 mars i6g5 , Jl la place de Jean-Louis liergerct, secrétaire de la chambre etdu cabinet du roi; mort le 29 avril