256. ÉLOGE
citée, nourrie , irritée même par les plus futiles objets , ne vit,si on peut parler de la sorte, que de la fumée la plus légère etla plus prompte à s’exhaler.
Occupé dans tous ses écrits à combattre sans ménagement,quoique sans humeur , tout ce qui peut nuire à ce bien public ,le seul objet de ses désirs et de ses veilles, notre philosophe sedéclare hautement l’ennemi de la guerre, de l’excès des impôts,des vexations exercées par la force contre la faiblesse ; partoutil exhorte les princes à préférer au vain éclat des conquêtes cethonneur solide qu’assurent les vertus utiles aux hommes, et quiest, dit-il, à la funeste gloire des armes , ce qu’une santé inal-térable et pure est à l’ivresse meurtrière des plaisirs violens. Ilétait cependant persuadé , malgré son amour pour la paix , queles guerres civiles des Romains, tout horribles qu’elles furent,leur avaient encore été moins fatales que la tyrannie des Tibèreet des Néron , parce que du moins ces guerres donnèrent auxâmes une énergie que la tyrannie détruisit en elles , et parceque les coups qu’on sent le plus sont ceux qu’on ne peut pasrendre. On répétait un jour en sa présence celte phrase , si sou-vent appliquée par la bassesse à des souverains indignes du trône,que les rois sout les dieux de la terre : Je ne sais pas, répondit-il, si Caligula, Domitien et leurs pareils étaient des dieux, jesais seulement que ce n’était pas des hommes. On lui parlaitdans une autre occasion de ces actions de clémence et d’huma-nité qui sont quelquefois échappées aux tyran3 , et qu’ils se sonten quelque sorte permises sans conséquence. Je ne doute pas,dit-il, qu’on n’ait fort célébré de. leur vivant tout le bien qu’ilsont fait; c’est dommage seulement que les peuples s’en soient sipeu aperçus. Mais autant il détestait le pouvoir oppresseur ettyrannique, autant il respectait l’autorité légitime, éclairée parla sagesse et par la justice. Il avait souvent à la bouche cette bellemaxime de François I er , que les souverains commandent auxpeuples, et les lois aux souverains. Il aimait surtout à citer,comme la devise de tous les monarques équitables et vertueux,ces paroles admirables de l’empereur Théodose à la tête d’un deses édits : C’est un aveu bien digne de la majesté du qirince, quese déclarer lui-même dépendant des lois-, tant notre autorité estappuyée sur la leur ; soumettre le pouvoir aux lois, est plus grandque le pouvoir même; et le présent édit sera comme un oracleémané de nous, quifera connaître à tous ce que nous ne souffronspas qu’on nous permette ' ■
■ Digna vox est majcstale regnantis, legibus alllgntiim se principemprnfteri; adeb de aulnritule juris noslra pemlet autnritas ; et rêvera majiisimpèrio est submitlere legibus principatum; et uracu.lv pressentis edicti,
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