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ou nous pouvons tous nous écrier comme ce philosophe qui ve-nait d’entendre applaudir Aristide par les Athéniens : Je rendsgritce au ciel de voir enfin aujourd’hui la vertu courageuse etmodeste obtenir sa récompense.
NOTES.
(i) jLi’ami dont La Fontaine disait avec tant de naïveté : lia répondupour moi, il jaudra qu’il paie, f en ferais autant A sa place, étaitM. de Maucroix, chanoine de Reims, sur lequel on peut voir quelquesdétails littéraires dans une des notes relatives à l’éloge de l’abbé d’Olivet.Pour l’honneur des lettres, ce trait de courage et de simplicité n’est passans exemple parmi ceux qui les cultivent. Ménage rapporte que Costar,se trouvant dans la détresse, et au moment de voir juger un procès con-sidérable d’où dépendait son peu de fortune, lui écrivait ces propresmots : Si je perds mon procès, je vous avertis que je serai ruiné, etqu’il faudra vous résoudre à me nourrir le reste de mes jours. Heu-reux celui qui mérite de recevoir une pareille lettre de son ami mal-heureux !
( 9 .) La société dont Fontenelle jouissait avec l’abbé de Saint-Pierreet Varignon , était partagée quelquefois par un quatrième homme delettres, sorti comme eux de la province de Normandie ; c’était l’abltédeVertot, qui, emporté dans sa jeunesse par une fièvre de dévotion,avait commencé par se faire capucin, et qui, relevé de ses vœux, devintmembre de l’Académie des Belles-Lettres et un de nos historiens lesplus estimés. Noufparlions à nous quatre, dit Fontenelle, une bonnepartie des différentes langues de l’empire des lettres, et tes sujets decette petite société se sont dispersés de là dans toutes les académies.
(3) Nous avons dit que notre philosophe accordait à la seule douleurphysique une valeur intrinsèque, et à tous les autres maux une valeurpurement numéraire ; cette manière de s’exprimer était bien digne d'unhomme qui réduisait à un espèce de calcul l'estimation de tout ce quipeut rendre la vie agréable ou fâcheuse ; il en avait, pour ainsi dire,dressé le tarif, dont les âmes apathiques peuvent s’accommoder pourse ménager tout le bonheur que la nature leur a permis ; mais ni cetarif, ni l e genre de bonheur qu’il peut offrir, ne seront jamais a l’usagedes âmes sensibles. Le seul vrai bonheur que connut l’abbé de Saint-Pierre , et qui fait au moins l’éloge de sa vertu, était celui de l'aire dubien aux hommes.
Ci) Une femme qu’il voyait souvent, possédait à un degré supérieurle talent de parler avec imagination et avec grâces, pourvu qu’on lalaissât parler seule et long-temps ; mais elle perdait ce talent dès qu’il