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Tome troisième.
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a6f> NOTES SUR L’ÉLOGE (

fallait converser, et que le monologue où elle excellait, se changeait endialogue. On demanda à l’abbé de Saint-Pierre ce qu’il pensait d’elle :Je trouve, répondit-il, qu’elle danse bien, mais qu’elle ne sait pasmarcher. Il n’était guère plus content de nos livres que de nos conver-sations. La plupart de ceux qu'il lisait, ne lui paraissaient, c’était sonexpression, qu'une étoffe mesquine, élégamment et légèrement brodée.Dans les miens, ajoutait-il, l’étoffe est bonne et solide, omis la bro-derie manque.

Il applaudissait au mot d’une autre femme sur un discours qu’ellevenait d’entendre : Qu’il y a d’esprit là-dedans , lui disait un des audi-teurs ! Il y en a tant, répondit-elle, que je n’y ai point vu de corps.

Dans l’éloge de notre académicien, nous avons opposé à la modestiefranche de ce vrai philosophe, la vanité hypocrite d’un dévot écrivain,qui, aimant à parler du succès de ses ouvrages, ne manquait jamaisd’ajouter aux éloges qu'il en faisait, cette formule édifiante : Il enfaut rendre gloire à Dieu, et croyait s’être bien humilié. Nous avonsconnu plus d’un pieux personnage, qui, en parlant avec complaisanceou de ses talens ou de ses vertus, employait à peu près la même formule.On peut citer à ce sujet ce que rapporte madame de Sévigné dans une deses lettres. Après avoir parlé en détail d’une conversation de Louis XIVavec le janséniste Amauld d’Andilly, père de M. de Pomponne, l’undes ministres de ce prince, elle ajoute : « Le roi a dit à ce bon vieillard» qu’il le voulait voir souvent, comme un homme illustre par toutes

» sortes de raisons.Il eu a parlé un jour entier en l’admirant; pour

» d’Andilly, il est transporté, et dit de moment en moment, sentantn qu’il en a besoin : Il faut s’humilier. » La philosophie observe avecplaisir ces petites naïvetés de l’amour-propre, au lond très-excusables,mais plaisamment voilées du langage de la piété chrétienne.

«

(5) Cette place était celle de premier aumônier de Madame, duchessed’Orléans, et mère du régent. Celait, disait-il, un bénéfice simple,apparemment parce qu’il n’en faisait guère les fonctions. Cependant saplace l’obligeait quelquefois, par bienséance, de se montrer à Versailles.Quoique les voyages qu'il y faisait ne fussent ni longs ni fréquens, unprélat qui le rencontra un jour dans la galerie, lui dit, croyant faireune excellente épigramme : Quel séjour pour un philosophe ! Pensez-vous , répliqua-t-il, qu'il soit plus fait pour un évêque? Cette réponseressemble à la réponse connue du poète Piron au prêtre Desfontaines,fort décrié pour ses mœurs, çt qui voyant un jour le poète magnilique-inent vêtu, s’écria : Quel habit pour un tel homme! Quel homme, ré-pliqua le poète, pour un tel habit !

(6) On dit que ce mot de bienfaisance se trouve dans des écrivainsplus anciens que l’abbé de Saint-Pierre; mais il était resté enseveli chezeux, et notre académicien en est le véritable créateur, puisqu’il l’a res-suscité et naturalisé. D’autres mots non moins utiles, mais à la véritémoins intéressans, n’ont pas eu le même succès ; celui d 'invaincu, par