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Tome troisième.
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a;4 NOTES SUR L’ÉLOGE

admises par les autres. Il comparait ces erreurs (la comparaison étaitplus juste que noble) aux pilules qu’on reçoit sans les mâcher, parcequ’autrement on ne les avalerait jamais ; et il assurait, en suivant cettecomparaison, qu'il y a bien peu de nos jugemens où il n’entre autant depréjugés quï/ entre de drogues dans la thériaque. C’est pour cela,disait-il encore, qu’il ne faut presque jamais soutenir qu’on a raison,mais dire avec modestie : Je suis de cette opinion-, quant à présent.

(11) Il croyait rendre ce genre d’instruction plus profitable en lerendant meilleur; et le moyen qu’il proposait pour y réussir, étaitd’obliger les orateurs à ne prêcher que cette bienfaisance, sa vertu fa-vorite et bien digne de l’être. En général, il pensait que les établisse-mens les plus utiles avaient besoin de réforme ; il les comparait à deshorloges, qu’il faut de temps en temps nettoyer et remonter.

On peut voir encore, dans ses œuvres, ses projets pour réduire la reli-gion à ce qu’il appelait Yessentiel, c’est-à-dire, à la morale ’ ; pour sup-primer presque toutes les fêtes , dont la quantité, selon lui, était, pourfc peuple, l’aliment de la fainéantise et du vice, pour laisser à ce mêmepeuple la liberté de travailler même le dimanche, après avoir rendu àl'Être suprême le culte particulier qu’il a jugé à propos de se réserveren ce saint jour; enfin, pour élever les dauphins dans une espèce decollège, par la nécessité, disait-il, d’apprendre de bonne heure à cesenfans-là, ce qu’on ne leur apprend point assez, à regarder les autreshommes comme leurs semblables. L’abbé de Saint-Pierre ajoutait, quetant d'instituteurs coupables, qui, chargés de l’honorable emploi d’éleverun prince, s’en étaient mal acquittés, soit par négligence, soit par desrues plus criminelles encore , méritaient une punition flétrissante, sur-tout lorsque le prince montrait des vertus et des talens qu’une heureuseculture aurait développés. Cette punition, disait-il, serait à la fois et lajuste récompense de ces détestables ennemis de l’Etat, ét un exempleutile à leurs successeurs.

Il propose aussi des réformes pour l’éducation des collèges, et détailleles avantages de cette éducation ; mais il oublie l’article important desmœurs, beaucoup plus difficiles à conserver dans l’éducation publiqueque dans l’éducation privée.

Son projet contre le duel est aussi chimérique que tous ceux qu’on aimaginés sur cet objet ,^parce que les lois seront toujours plus faiblesque l’opinion. Il observe au moins que cette fureur, par quelque causeque ce puisse être, semblait déjà s’affaiblir et devenir moins violente

■ 11 approuvait fort, et il aurait fait adopter partout s’il avait pu, l'anciencode religieux, moral et civil des îles Baléares, réduit à ce peu de mots :

« Adorez et craignez Pieu; secourez les pauvres; honorez les vieillards;a obéissez au prince légitime, et réprimez les tyrans; repoussez l’ennemi;

« séquestrez de la société les malfaiteurs ; ne laissez pas trop voyager les» jeunes gens, car ils ne rapporteraient des pays étrangers que les mauvaises.

» muette* * et non les bonnes. »