â:6 NOTES SJJR L’ÉLOGE
sèment bornée à ce que nous allons dire.. Le peuple, un certain jourde la semaine, s'assemblait dans un temple sans autel, sans images,sans aucune marque extérieure de culte. Il y avait seulement au milieudu temple une colonne, sur laquelle était gravés les préceptes de la loinaturelle: aimez-vous les uns les autres; exercez mutuellement labienfaisance, etc. Un prêtre assis au pied de cctle colonne, n’avaitd’autre fonction que de montrer ces préceptes au peuple avec une ba-guette , sans qu’il lui fût permis de prononcer un seul mot. Les législa-teurs de cette nation, apparemment grands philosophes, mais inconnus,avaient senti que n’ayant pas le bonheur d’avoir une religion révélée,pour peu qu’on permît aux prêtres d’ouvrir un moment la bouche pourprêcher à la nation une morale pure et raisonnable, ils l’ouvriraientbientôt pour prêcher un culte superstitieux. Si cette anecdote est vraie,il est très-surprenant que chez un peuple d’ailleurs si peu éclairé , ceuxqui lui ont donné des lois aient eu sur la religion la plus heureuse idéeque puissent avoir des hommes privés dei lumières d’une révélationvraie ; idée qui avait échappé aux Solon, aux Lycurgue, aux Kuina et auxPlaton , et qui, pour le bonheur et le repos du genre humain, devraitêtre suivie dans tous les pays où cette révélation n’est pas connue. Elleseule en elfet doit avoir des ministres qui parlent au peuple ; car puis-qu’elle est révélée, et que l’Etre suprême ne parle point directementaux hommes, il doit nécessairement avoir auprès d’eux des organes cldes interprètes. Mais , en ce cas, la grande attention des gouvernemensdoit être d’empêcher que ces interprètes n’abusent de leurs privilègespour prêcher des erreurs, et pour inspirer le fanatisme. L 'Histoireecclésiastique prouve, à chaque page, que ce malheur n’est que tropsouvent arrivé.
Pans les projets de l’abbé de Saint-Pierre pour la réformation si né-cessaire de l’éducation nationale, nous croyons qu’il aurait dû mettrepour base, d’inspirer aux enfans le mépris de la mort et celui des ri-chesses. C’est parce qu’on inspirait de bonne heure à la jeunesse romainece double mépris, que les Romains ont été pendant six cents ans le pre-mier peuple de la terre ; c’est avec ces deux principes que les hommessauront braver les deux plus redoutables fléaux du genre humain , lasuperstition et la tyrannie. Ce changement seul dans l’éducation re-nouvellerait en vingt ans un peuple entier, et ferait d’une nation esclaveet frivole, une nation libre et courageuse.
Et ne croyons pas qu’il soit impossible, même dans nos gouverne-mens modernes, d’apprendre aux enfans à mépriser la mort et lesrichesses même, plus difficiles à mépriser. L’enfance reçoit sans peineet conserve avec force toutes les impressions qu’on veut lui donner ; et,encore une fois, l’éducation des Romains est la preuve la plus incontes-table et la plus frappante de la possibilité et des avantages inestimablesdu projet que nous proposons. Il est si important et si utile aux peuples,Reflet en serait si sûr et si puissant, que nous craignons fort qu’il nesoit jamais mis en exécution, trop de gens sont intéressés à l’cmpêchcr.