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Tome troisième.
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DK NAINT-PIEUUE. 277

(lu) Il u'approuvait nullement le plan d’institution de cette compa-gnie, dont l(i cardinal de Richelieu avait fait, selon lui, un instrumentde flatterie et d’esclavage ; il voulait que nous év itassions jusqu'au pré-texte du reproche dont nous avons été chargés avec tant d’amertumepar quelques éerivHins atrabilaire^, d’avoir injecté toute F Europe del'encens que nous avons fait brider devant nos idoles '. H voulait que110s harangues académiques cessassent d’être des répertoires de com-plimens et de fades 'recueils de formules ; qu’elles ne ressemblassentpas, suivant la comparaison de Despréaux, à ces messes solennelles, où lecélébrant, aprïs avoir encensé toute l’assistance, finit par être encensé àson tour ; que ces discours fussent des morceaux intéressans de littératureraisonnée, et surtout philosophiques ; qu’on sût y attaquer habilement età la dérobée, s’il y avait trop de risque à les heurter de front, les préju-gés de toute espece qui s’opposent au progrès des lumières ; que, par cetteattaque sourde et continue, on préparât insensiblement les esprits àsecouer le joug de tes préjugés ; que les sujets de nos prix d’eloquenqefussent consacrés à l’éloge des hommes célèbres de la nation ; que lesassemblées destinées à distribuer ces prix fussent des espèces d’états-généraux de la littérature, où les hommes les plus distingués en toutgenre fussent invités , et que le monarque même daignât honorer de saprésence. En un mot, l’abbé de^jaint-Picrrc désirait que 1 Académiefrançaise prît pouv devise cé passage de Pline : Si nous ne pouvonsj'aire des choses dignes d’être écrites , écrivons-cn du moins qui soientdignes d’être lues. Telles étaient ses vues patriotiques sur la premièredes compagnies littéraires du royaume ; nous avons eu le bonheur d’enréaliser quelques unes. Puissent nos futurs confrères, en remplissantle reste de ccs vues si louables, satisfaire au vœu général des gens delettres et des citoyens éclairés !

E'ouvrage de l'abbé de Saint-Pierre sur la réformation de l'Académiefrançaise, et sur futilité qu’il voulait donner h nos travaux, rappelle unautre écrit du même auteur, qui avait pour titre : Projet pour rendreles ducs et pairs utiles ; titre qui aurait été une satire dans la bouchede tout autre écrivain, mais qui, dans la sienne , n’était que l'expres-sion naïve et simple.de sçs scntiincns et de scs vœux. Un de ccs hommesqui se croient fort plaisans (ce qui u’cSL pas le moyen de l’être) s’estimaginé que le titre de l’ouvrage serait bien plus piquant sous cetteforme : Projet pour rendre utiles les ducs et pairs et les toiles d’arai-gnées. Il n’a pas vu que ce dernier titre n’était qu’une injure grossière,cl le premier un trait d’autant plus lin, que dans l’intention de fau-teur ce n'était pas même une plaisanterie.

Nous 11e ferons qu’indiquer sans réflexions les autres projets de notreacadémicien, pour rendre utiles les remontrances des parlcinens, lesmauvais livÆs , les romans et les catéchismes :

Projets évanouis aussitôt que formés.

‘ Ce sont les termes de Le Vassor, dans sou Histoire de Louis XIII.