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Tome troisième.
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2:8 NOTES SUR L’ÉLOGE

Jamais peut-être ce vers n’eut une plus juste et plus fâcheuse appli-cation.

Quelque désir cependant que témoignât-l’abbé de Saint-Pierre devoir un jour la société et l'administration remplir scs vues patriotiqueset bienfaisantes, il s’attendait si peu à jouir de ce rare bonheur, qu’iltémoignait quelque satisfaction lorsqu’on lui laissait entrevoir que danscinq ou six siècles quelqu’un de ses projets pourrait être exécuté. Ilopposait à cette plaisanterie le proverbe trivial, mais devenu intéressantdans sa bouche par le sentiment qui l'animait : Il haut mieux tard quejamais.

(10) « Le traité le plus singulier qu’on trouve dans ses ouvrages, dit» 1 auteur de Vlissai sur le siècle de Louis XIF, test celui de Xanêan-» tissement futur du mahométisme. Il assure qu’un temps viendra où» la raison l’emportera sur la superstition. Les hommcs'eomprendront» enfin qu’il suffit de la charité et de la bienfaisance pour plaire à Dieu.» Dans cinq cents ans, tous les esprits, jusqu’aux plus grossiers, seront» éclairés ; le muphti même et les cadis verront qu'il est de leur intérêt» de détromper la multitude, et de se rendre plus nécessaires et plus» respectés en rendànt la religion simple et pure. »

Il avait fort à cœur d’accélérer cet anéantissement du mahométismequ'il prévoyait de si loin. Sesvœux'sur ce sujet sont exprimés dans unmanuscrit que nous avons vu, et que Duclos nous a autrefois commu-niqué. Ce n’était pas seulement à cause de son absurdité qu il en voulaità cette religion , car il convenait que la surface de la terre est en proie àd’autres religions beaucoup plus absurdes ; mais l’étendue immense descontrées abruties par le mahométisme , le lui faisait regarder comme undes plus grands fléaux de l’espèce humaine.

L’abbé de Saint-Pierre, dans le manuscrit dont nous parlons, expose,avec toute la simplicité de son style et toute là candeur de son âme , lesmoyens qui lui paraissent les plus sûrs pour accélérer la chute de cettereligion fatale.

Il prétend qu’un philosophe qui se trouverait dans les Etats du grand-seigneur, et qui voudrait éclairer le prince et lgs peuples sur le ridiculede leur croyance, devrait bien se garder de heurter de front et brus-quement les dogmes absurdes auxquels ils sont attachés ; qu’une pareilletémérité , funeste pour le novateur, serait en pure perte pour le succès,puisqu'elle ne servirait qu’à réveiller et qu’à irriter tant de prédicateursde l’Alcoran, toujours en sentinelle contre l’ennemi, et payés pour crier,qui vive, dès que la raison paraîtrait dans l’obscurité sa lanterne à lamain ; que le sage qui voudrait se charger de porter cette lanterne, de-vrait se borner à exposer d’abord les principes généraux qui, par unevérité frappante et une clarté palpable, pourraient servir à faire con-naître , sans application expresse de sa part, l'extravagance des dogmesmusulmans qu’il n’oserait combattre ; qu’il devrait s’appliquer surtout àétablir dans ses ouvrages une morale pure, raisonnable, intéressante, etappuyée sur une base plus solide que celle du mahométisme ; que si l’on