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Tome troisième.
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284 NOTES SUR L’ÉLOG-E

l’honneur de lui en parler , in’ont permis , messieurs, de vqus assurerde ses intentions. »

Ce fut ap-es ce discours que Sacy , ami de l’abbé de Saint-Pierre, lutla lettre que ce dernier écrivait à l’Académie, pour demander à êtreentendu ; et ce fut après la lecture de cette lettre, que le cardinal dePolignac fit l’éloquente catilinaire que nous allons rapporter.

« Si l’abbé de Saint-Pierre , dit-il, était tombé pour la première foisdans la.faute énorme dont toute l’Académie est si justement indignée,on pourrait écoute!' de sa part, non des justifications, mais des témoi-gnages sincères de son repentir. Ce qu’on vient de lire, messieurs, estplutôt une apologie de sa conduite, qu’un aveu de son égarement ; ilpersiste à soutenir qu’il n’est point coupable; et cette opiniâtreté àpoursuivre en toute occasion la mémoire du feu roi, lui paraît si peucriminelle , qu’il n’en laisse pas seulement espérer la correction. Com-ment nous en flatterions-nous , puisque c’est ^une rechute , au mépris dela réprimande qu’on lui fit, de l’indulgence que l'Académie voulut bienavoir pour lui, et de ses propres engageinens? Vous vous en souvenez ,messieurs , il nous avait promis , d’une manière très-positive , qu’il enprofiterait à l’avenir. Au lieu de se rétracter, comme il était de sondevoir, et comme il en avait donné l’espérance, au lieu de réparer dansquelque ouvrage le tort qu’il s’était fait à lui-même aussi bien qu’ànous, son acharnement le porte à publier de nouvelles calomnies contrece grand, roi, que nous avons toujours fait profession d’admirer et decélébrer par nos éloges. L’abbé de Saint-Pierre se sépare aujourd’hui detous ses confrères, comme pour leur donner là-dessus un démenti solen-nel. Il oubliç , en outrageant son maître , et les glaces qu’il en a reçues,et le respect qu’il doit non-seulement au roi, mais au régent. Le carac-tère royal, toujours le même, ne cesse jamais d’être l’objet de notrevénération la plus profonde, et quand on ose l’insulter, on attaqueégalement et ceux qui le portent, et ceux qui sont dépositaires de l’au-torité qui l’accompagne.

» Quand le feu roi voulut bien ajouter à tous scs autres titres si glo-rieux! , celui de notre protecteur, il mit, pour ainsi dire, entre nosmains le dépôt de sa gloire. Quels rcmercîmens ne lui fîmes-nous pointde ce qu’il nous avait jugés dignes d’un si grand honneur ?^tait-cc pourparticiper un jour, par une indigne tolérance, au crime de ceuxqui tâcheraient de couvrir sa mémoire d’ignominie? vous avez frémi,messieurs ,< à la lecture que je vous ai faite de quelques uns des articlesodieux dont ce livre est rempli. A peine avez-vous pu altendrc-qu’ellefût achevée ; vous avez senti votre devoir, vos omurs se sont déclarés ; ilne s’agit plus que d’expliquer votre jugement. Je saiS’qu’il y eu a parminous, messieurs, qui, sans disconvenir de l’énormité de la faute, sonttouchés de compassion pour le coupable, et dont Injustice est balarfcéepar l’amitié personnelle qu’ils ont pour lui. Mais enfin nous avons nasrègles, elles disent qu’un académicien qui offensera l’honneur de sesconifères , perdra sa place irrémissible meut, Le fou roi n’est-il pas plus