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sceptre du Parnasse, qui avait été long-temps un sceptre de ferentre ses mains, mais nécessaire au maintien du bon goût.Les applaudissemens que recevaient tant de mauvais vers l’ir-ritaient contre ceux même qui auraient dû obtenir grâce à sesyeux; et ceux de M. de Saint-Aulaire éprouvèrent de sa partune rigueur que leur attirait la mauvaise compagnie où ils setrouvaient ; il les appelait, avec plus de dureté que de justice ,de malheureux vers d’amateur, semblable à ce musicien quiappelait une sonate composée par un souverain , de la musiquede prince. L’approbation donnée par l’Académie à ces mêmesvers ne fit point rétracter à Despréaux l’arrêt qu’il avait rendu ;il se piquait de penser rarement comme ses confrères, et il l’avaittémoigné assez plaisamment dans une autre occasion , où ilsavaient tous été de son avis : J’en fus tres-étonné, disait-il, carj’avais raison, et c’était moi. Flatté peut-être de faire en cettecirconstance un schisme éclatant, il vint à l’assemblée le jourde l’élection, et donna impitoyablement au candidat cette boulenoire , qui alors passait encore pour une injure , mais qui main-tenant est presque regardée comme une distinction ; car ceuxqu’on en gratifie ont l’honneur de la partager avec une fouled’académiciens illustres , La Fontaine , Fénélon , La Bruyère ,Fontenelle , Montesquieu , Cre'billon, Voltaire , et plusieursautres , sans parler des vivans. Le caustique Mézerai ne man-quait jamais de faire ce présent à tous les nouveaux venus, pourconserver , disait-il , la liberté de l’Académie. La boule queDespréaux vint donner, fut appelée durement par ses confrères,non pas un acte de liberté, mais un acte de cynisme ; c’étaitemployer un grand mot pour une petite chose. Un seul d’entreeux lui représenta modestement que le marquis de Saint-Aulaire était un homme dont la naissance , et par conséquent,selon lui, les vers méritaient des égards. Je ne lui conteste pas,répondit Despréaux , ses titres de noblesse , mais ses titres duParnasse ; et quant à vous, monsieur, qui trouvez ces vers-làsi bons, vous me ferez beaucoup d’honneur et de plaisir de diredu mal des miens. L’apologiste, il faut en convenir, donnaitbeau jeu à Despréaux en prétendant que les vers qui le mettaientde si mauvaise humeur, étaient moins obligés d’être bons, parcequ’ils se présentaient sous la sauve-garde des aïeux de l’auteur.Cet académicien si indulgent ne devait pas ignorer'que des vers,fussent-ils d’un empereur, n’ont pas plus de droit d’être mé-diocres que s’ils avaient un simple bourgeois pour père , et quesi en pareil cas, comme dit le Misanthrope, le temps ne faitrien à l’affaire, la généalogie du poète y fait encore moins. Maisle satirique, de son côté , aurait du sentir que le genre dans le-