4-]6 ANALYSE DE L’ESPRIT DES LOIS.
Français. II ne s’attache qu’à une partie de la jurisprudence du pre-mier, celle qui regarde les successions. A l’égard des Français , ilentre dans le plus grand détail sur l’origine et les révolutions de leurslois civiles, et sur les différeus usages abolis ou subsistans, qui enont été la suite : il s’étend principalement sur les lois féodales , cetteespèce de gouvernement inconnu à toute l’antiquité , qui le sera peut-être pour toujours aux siècles futurs , et qui a fait tant de biens ettant de maux. Il discute surtout ces lois dans le rapport qu'elles ontavec l’établissement et les révolutions de la monarchie française ; ilprouve, contre l’abbé du Ros, que les Francs sont réellement entrésen conquérans dans les Gaules, et qu’il n’est pas vrai, comme cetauteur le prétend , qu’ils aient été appelés par les peuples pour suc-céder aux droits des empereurs romains qui les opprimaient : détailprofond , exact et curieux , mais dans lequel il nous est impossible dele suivre.
Telle est l’analyse générale, mais très-informe et très-imparfaite, del’ouvrage de Montesquieu ; nous l’avons séparée du reste de son éloge,pour ne pas trop interrompre la suite de notre récit.
ÉLOGE DE L’ABBÉ MALLET.
Edmf. Mallkt , docteur et professeur en théologie de la Fa-culté de Paèis, de la maison et société de Navarre, naquit àMelun en iti3, d’une famille pleine de probité, et ce qui enest souvent la suite , peu accommodée des biens de la fortune.
Après avoir fait ses études avec succès au collège des Barna-bites de Montargis , fondé par les ducs d’Orléans, il vint à Paris,et fut choisi par M. de La Live de Bellegarde, fermier-général,pour veiller à l’instruction de ses enfans. Les principes de goûtet les sentimens honnêtes qu’il eut soin de leur inspirer, pro-duisirent les fruits qu’il avait lieu d’en attendre. C’est aux soinsde cet instituteur , secondés d’un bon naturel, que nous devonsM. de La Live de Jully, introducteur des ambassadeurs, ethonoraire de l’Académie royale de peinture , qui cultiva lesbeaux-arts avec succès , amateur sans ostentation , sans injus-tice et sans tyrannie.
L’abbé Mallet passa de cet emploi pénible dans une carrièrenon moins propre à faire connaître ses talens ; il entra en licenceen 174dans la Faculté de théologie de Paris. Les succès parlesquels il s’y distingua ne furent pas équivoques. C’est l’usageen Sorbonne , à la fin de chaque licence , de donner aux licen-ciés les places, à peu près comme 011 le pratique dans nos collèges !