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Tome troisième.
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5o4 ÉLOGE

mœurs; il a entretenu dans nos cœurs , par son attachementpour la compagnie, la reconnaissance que nous devons à la mai-son de Rolian, dont le nom , si respectable à tant d’égards, doitnousetre à jamais précieux comme celui des plus illustres et desplus constans de nos bienfaiteurs. On peut voir dans VHistoirede l Académie, par l’abbé d’Olivet, l’obligation signalée que nouseûmes , vers le commencement du siècle, au cardinal de Rohan ,dont l’acquisition flatteuse dédommagea la compagnie del’espècede dégoût que lui avait causé le refus auquel un grand ma-gistrat paraît avoir été forcé par des conjonctures singulières (i).Ce n’est pas la seule preuve que le cardinal de Rohan ait donnéeà l’Académie des sentimens qu’il avait pour elle ; dans toutesles circonstances qui l’exigèrent, ou même qui le permirent',il fut auprès du roi Louis XIV et de son successeur, qui l’hono-raient tous deux de leur bienveillance , l’interprète , et, pourainsi dire, l’agent de la compagnie ; elle avait en lui à la courune espèce de résident zélé , quoique sans titre , aussi ardentqu’éclairé , et toujours prêt à soul&iiir et à faire valoir nos in-térêts , même sans avoir été chargé de rien. Bienfaiteur, enquelque sorte , perpétuel de ses confrères , à qui il était cherencore par les grâces de son esprit, par la politesse la plus fran-che et la plus noble , par la considération dont il jouissait, et qu’ilfaisait, en quelque manière, rejaillir sur eux, il préféra l’hon-neur de se montrer l’ami des lettres, à la vanité de n’en être quele protecteur.

L’Académie ne crut pouvoir lui témoigner d’une manière plusflatteuse les sentimens dont elle était pénétrée pour lui, qu’enadoptant, de son vivant même , l’abbé de Ventadour son neveu,depuis cardinal de Soubise. Par cette adoption, elle dérogeaità l’espèce de loi qu’elle s’est imposée , de ne posséder que très-rarement ensemble deux académiciens de même nom ; la com-pagnie qui, en conséquence de cet usage, ne s’est pas mêmepermis rfavoir à la fois les deux Corneilles, crut pouvoir, sansinconvénient, posséder deux Rolians, dont elle connaissait le, dévouement pour ses intérêts.

Le cardinal de Soubise , quoique enlevé à la fleur de son Age ,avait mérité , par ses talens et par ses vertus, toutes les placesdont sa naissance le rendait susceptible, et les remplit en hommequi avait su les mériter. Il fut même revêtu d’une dignité quin’était nullement nécessaire pour illustrer sa personne , mais àlaquelle sa personne était nécessaire dans les circonstances oh

' Voyez, dans l’article tic La Monnaye, le zèle et le succès avec lequel lecardinal de Rohan défendit cet académicien, attaque et calomnie par desfanatiques.