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Tome troisième.
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DU CARDINAL DE SOUBISE. 5o5

il se vit forcé de l’accepter. Il s’agissait de faire rétracter à l’Uni-versité de Paris son appel de la bulle Unigenitus. Le cardinalde Fleury, dont la sollicitude ministérielle s’étendait jusqu’auxplus petits objets, et peut-être y mettait quelquefois une im-portance qu’ils n’avaient pas, en attachait beaucoup à cette ré-tractation ; il la regardait comme devant être une époque dis-tinguée dans son ministère , et comme un événement glorieux àla sagesse d’un homme d’Etat. Dans celte vue, il désira quel’abbé de Yentadour fût élu recteur de l’Université. Jamais tantd’honneur n’avait illustré le rectorat , réservé jusqu’alors à desimples régens de collèges, honoré quelquefois par le méritede plusieurs d’entre eux, mais aussi avili, comme il pourra l’êtreencore, par l’indignité de beaucoup d’autres. Le cardinal deFleury espérait, et ne se trompait pas, que le nom de Rohand’un côté , et de l’autre l’esprit de conciliation du jeune rec-teur , serviraient à contenir ou à ramener les esprits , et par cemoyen, produiraient tout à la fois, avec éclat et sans trouble, lagrande opération qu’il avait si fort à cœur. L’appel fut en effetrétracté, non pas, à la vérité, sans résistance, mais avec beau-coup moins d’obstacles que n’en eût rencontré quelque recteurobscur et fanatique, que l’Université eût aisément trouvé parmises membres. L’abbé de Yentadour n’opposa aux difficultésqu’il éprouvait, et dont la religion était le motif ou le prétexte,que les principes de soumission à la religion même , et surtout lamodération, l’honnêteté , la sage et paisible fermeté de son ca-ractère ; il vint à bout, et même assez promptement, de cetterétractation tant désirée, dont la confiance du gouvernements’était reposée sur ses soins. Enfin , lorsque le ministère irrité ,quoique satisfait, voulut sévir contre les opposons, l’abbé deYentadour en préserva plusieurs des coups dont l’autorité lesmenaçait ; et il obtint, pour les plus coupables ou les plus opi-niâtres, des peines plus légères ou plus douces que celles dontla sévérité du pouvoir absolu voulait les accabler.

Non-seulement le cardinal de Soubise a servi et respecté leslettres, il les a même défendues publiquement contre des im-putations absurdes et calomnieuses. Le sujet de sou discourspeur la clôture des Sorboniques, en i ■y3c> v était : Quantum régiet reipublicœ prodest scientia in subditis (Combien il est avan-tageux aux rois- et aux gouverneinens que les peuples soientéclairés) ; vérité si frappante et si essentielle au bonheur desnations, qu’on s’étonnerait qu’elle pût trouver des contradic-teurs, si le despotisme d’une part, et la superstition de l’autre,ces deux fléaux du genre humain, n’avaient pas un interetpressant de la combattre et de l'étouffer ; vérité qu’un écrivain