524 ÉLOGE DE VAURÉAL.
' s’il eut quelquefois, comme on l’a prétendu , un ton plus mili-taire que pastoral, il eut une indulgence , une bonté plus pasto-rale que militaire ; s’il y eut quelques taches dans sa vie , sacharité, suivant l’expression de Dieu même, les a abondammenteffacées. Pep de prélats ont aussi bien connu que lui la force etl’étendue de la maxime la plus consolante de l’Évangile; raaxjpiequ’on ne répète pas assez, et qu’on pratique moins encore : Celuiqui aime son frère, a accompli la loi.
NOTE.
0 > prétend qu’après la mort de M. l’abbé de Vauréal, quelques cha-noines de Rennes voulurent engager le chapitre à demander une in-demnité aux héritiers. Ces chanoines, dit-on, dressèrent une listeexacte des festins épiscopaux auxquels le chapitre doit assister tous lesans. Ils soutinrent que l’absence du prélat, même pendant son ambas-sade à Madrid , n’avait pas dû priver le chapitre de cette redevance ,et qu’il fallait exiger de la succession une somme considérable parforme de dommages et intérêts. Le chapitre de Rennes , trop sagepour écouter cette proposition, en eût été détourné d’ailleurs par uneplaisanterie qui eut un grand succès ; c’était une requête des apothicaires,qui demandaient à être reçus partie intervenante, et à partager avecles chanoines la somme demandée , pour le dédommagement des pur-gatifs que les chanoines auraient été obligés de prendre, à raison desnombreuses indigestions dont les festins épiscopaux étaient constam-ment suivis. Tous nos lecteurs , peut-être, ne goûteront pas cette anec-dote ; aussi ne la rapportons-nous , que parce qu’étant arrivée au dix-huitième siècle, elle paraîtra digne du douzième, et faite pour leschanoines du Lutrin , ou pour les moines de Rabelais. Despréaux oule curé de Meudon en eussent bien fait leur profit, s’ils avaient pu oula savoir ou l’imaginer.