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jamais le trait le plus honorable pour le nom de notre acadé-micien , auquel il est, temps de revenir.
On peut remarquer, comme un trait propre à caractérisercertains prédicateurs , que l’action la plus louable peut-être dumaréchal de Belle-Isle, est la se^le dont il n’ait pas été loué parl’orateur jésuite qui prononça son oraison funèbre. Il avait sup-primé les milices , qui sont pour les malheureux habitans descampagnes un si cruel objet de désolation. On a prétendu de-puis qu’il avait eu tort; mais il fallait du moins louer le motifde bienfaisance et d’humanité qui avait déterminé le maréchalde Belle-Isle à soulager cette précieuse partie de l’Etat, quetant de ministres ont comptée pour si peu de chose , et qu’ilsont opprimée comme on égorge ces animaux faibles et pai-sibles , qui n’ont ni la force de se défendre, ni même celle dese plaindre.
ÉLOGE DE SEGUY'.
XL se consacra de bonne heure à l’éloquence et à la poésie, etdonna des preuves du talent qu’il avait pour l’une et pour l’au-tre. Il fut choisi, en 1729, pour prononcer dans la chapelle duLouvre, en présence de l’Académie Française , le panégyriquede S. Louis; et l’Académie fut si satisfaite de son discours,qu’elle demanda et obtint pour lui l’abbaye de Genlis. Le car-dinal de Fleury, quoique protecteur peu zélé des lettres, crutdevoir donnera la compagnie dont il était membre, une marqued’attachement et d’estime, en récompensant, à sa prière, unorateur qui annonçait des talens et qui avait peu de fortune.Quelques grâces ainsi accordées avec e'co'nômie et surtout avecjustice, donneraient à la chaire des sujets distingués, dont ellea plus besoin que jamais depuis la mort des Bossuet et des Mas-sillon. La religion, on doit d’autant moins le dissimuler qu’on aplus d’attachement pour elle, est en butte de toutes parts à desadversaires dangereux, les uns par leur dialectique insidieuse ,les autres par leur éloquence perfide. Si l’usage malheureux qu’ilsfont de leurs talens, n’est pas capable d’éblouir les hommeséclairés, il est assez propre à séduire l’aveugle multitude, pour
1 Joseph Seguy, prédicateur du roi, abbe' de Genlis, chanoine de Meaux,ne à Rhodez en 1689; reçu le t 5 mars içât), & la place de Jacques Adam;«tort au mois de mars 1761.