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faire désirer aux âmes pieuses que la cause de Dieu soit vengéepar des défenseurs dignes d’elle.
Le discours de l’abbé Seguy méritait la distinction qu’il ob-tint, surtout eu égard au temps ou il fut prononcé ; car il fautconvenir que l’Académie a entendu, depuis quelques années ,plusieurs autres panégyriques supérieurs à celui dont nous par-lons; mais l’esprit philosophique, qui s’accorde si parfaitement,quoi qu’on en dise , avec la religion bien entendue , n’osait, il ya quarante ans , se montrer encore dans ce genre d’ouvrage, oùil a paru depuis avec tant d’éclat et de succès. Nous ne pouvonsnous refuser ici à une réflexion frappante, bien propre à humi-lier et à confondre les ennemis de la philosophie,'si quelquechose peut les confondre et les humilier. C’est que S. Louisn’a jamais été célébré plus dignement que depuis que cette phi-losophie , si décriée et pourtant si bonne à tout, a eu le courageou l’adresse de s’introduire dans les panégyriques de ce saint roi,et de s’y maintenir , malgré les clameurs de l’hypocrisie et del’envie. Nous osons ajouter que notre siècle , à mesure qu’il s’e6téclairé, a rendu plus de justice à ce monarque, et a mieuxconnu le prix des vertus et des lumières même qu’il opposa à labarbarie de ses contemporains. Cette réflexion , qui paraît avoiréchappé jusqu’ici à nos orateurs , pourrait répandre un intérêtpiquant et nouveau dans un panégyrique de S. Louis , quipar là serait tout à la fois et l’éloge de ce monarque , et celui duprogrès de la raison. Un pareil tableau serait plus utile qued’insipides déclamations contre les incrédules (i).
Le discours de l’abbé Seguy, applaudi par un auditoire faitpour le juger, et récompensé par un ministre académicien , futtrès-goûté du public, qui ne ratifie pas toujours le suffrage deshommes en place , ni même celui des sociétés littéraires. Lesuccès fut si général, que l’envie essaya , selon son usage , d’endérober la gloire à l’auteur : on prétendit que ce panégyriqueétait l’ouvrage de La Motte ; mais qu’on compare le discoursde l’abbé Seguy à ceux de cet ingénieux académicien , entreautres au bel éloge funèbre du roi, qu’il avait prononcé dansl’Académie quatorze ans auparavant, et on trouvera le pané-gyriste de Louis XIY si peu semblable à celui de S. Louis ,qu’on ne sera jamais tenté de les confondre. D’ailleurs, l’oraisonfunèbre du maréchal de Villars, que l’abbé Seguy prononça cinqans après , et qui fut à la vérité fort critiquée , mais que l’onvoulut bien laisser à l’orateur, n’est point inférieure au panégy-rique qu’on avait tâché de lui enlever. L’écrivain célèbre auquelon attribuait le panégyrique de S. Louis , et qui n’avait pasbesoin d’un tel honneur, était le même dont les insectes de la