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Tome troisième.
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568 NOTES SUR L'ÉLOGE

(4) sujet de Rhadamisle est tiré du douzième livre des Annalesde Tacite , et mérite fort d’y être lu. L’exposition des faits dans la tra-gédie occupe une partie des deux premiers actes , et le style, indépen-damment de la complication et de l’obscurité , est d’ailleurs si peu élé-gant , pour ne rien dire de plus , que je ne sais si aucun spectateur ajamais eu la patience d’écouter et de suivre cette longue histoire. C’estce qui faisait dire plaisamment à l’abbé de Chaulieu , que la pièce deRhadamisle aurait été assez claire, n’eiit été l’exposition. Celle de Ito-dogune est encore plus obscure et plus froide, et Corneille eut la bonnefoi d en convenir ; mais du moins elle ne passe point le premier acte, etde plus, l’auteur a eu l’art de la couper par une scène intéressante entreles deux frères.

(5) Un Anglais, qui avait assisté à la première représentation d ’Jtrée,dit à 1 auteur , que sa tragédie était plus faite pour le théâtre de Londresque pour celui de Paris ; que cependant , tout Anglais qu’il était,la coupe pleine de sang l’avait fait frémir. Ah ! monsieur , disait-il àCrébillon, transeat à me calix iste. L’horreur que cette coupe inspireaux spectateurs , est en effet si grande et si générale, que toutes lesfois que les comédiens ont essayé de remettre la pièce depuis trenteans , ils n’ont jamais pu lui faire obtenir plus de deux représentations.11 faut espérer qu’enfm ils en croiront le public , et ne s’obstinerontplus à lui faire revoir une pièce dont les beautés , car elle en a de plusd un genre , ne peuvent faire supporter l’atrocité du sujet et du spec-tacle.

( 6 ) Nous avons dit que cette pièce avait disparu de la scène , et celaétait vrai dans le temps où nous l’écrivions ; la tragédie de Pyrrhusn’avait pas été remise depuis un assez grand nombre d’années. Ellevient de l’être dans l’annce 1781 , où nous écrivons cettç note ; maisquoique les comédiens en aient donné plusieurs représentations dans lecourant de cette année, elle paraît avoir été peu suivie. L’intrigue en estembarrassée , et le style incorrect ; il s’y trouve néanmoins de beauxtraits dans les rôles de Glaucias et de Pyrrhus ; et l’on a entre autresretenu ces deux vers , que dit Pyrrhus à la fin de la pièce , en pardon-nant à Néoptolème, son persécuteur et l’usurpateur de sa couronne :

Puisqu’un remords suffit pour apaiser les dieux ,

Un mortel ne doit pas en exiger plus qu’eux.

Le second vers a peu d'harmonie ; mais la noblesse du sentiment qu’ilexprime , doit rendre le lecteur indulgent, comme Pyrrhus l’est pourNéoptolème.

Nous avons dit aussi que Crébillon, qui n’avait, pour ainsi dire,travaillé à cette pièce que malgré lui, parce qu’il en trouvuil le sujetpeu tragique, ne put l’achever qu’au bout de cinq ans ; on prétend mêmequ’il ne l’aurait jamais finie, s’il n’y eût été encouragé par l’aîné desfrères Paris , alors très-accrédités et très-puissans. Il est à croire que