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Tome troisième.
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5;a NOTES SUR L’ÉLOGE

On a imprimé que le poète Saint-Amand , qui avait, dit-on, peu degoût pour les discours de réception, proposa à l’Académie , pour êtredispensé du sien, de se charger de la partie comique du Dictionnaire ,en recueillant tous les mots burlesques de la langue française. Cette oc-cupation était sans doute un peu plus gaie que celle d’écrire des coin-plimens, toujours un peu fastidieux ; mais si cette anecdote est vraie,elle ne saurait regarder Saint-Amand, reçu en i635 , dès l’institutionde 1 Académie, et par conséquent cinq années avant l’établissement desdiscours de réception.

Malgré le dégoût impitoyable que le public témoigne pour les remer-cimens académiques , et le peu de souvenir qu’il en conserve pour l’or-dinaire le lendemain du jour qu’ils ont paru, nous croyons qu’il les trai-terait plus favorablement, si on lui donnait un recueil, fait avec choixet avec goût, des meilleurs de ces discours. Il y trouverait, nous necraignons point de l’assurer, bien des genres de mérite : ici, l’éléganceet la finesse ; là , une sensibilité vraie et touchante ; l’éloquence dansles uns , la philosophie dans les autres ; souvent des principes lumineuxsur différens points de littérature, et les caractères bien tracés de nosprincipaux auteurs; enfin, cette délicatesse de tact et de goût, quisait tout voir, tout démêler et tout apprécier. Nous osons croire que lerecueil choisi, dont nous donnons ici le projet et l’idée, ferait peut-être plus d’honneur à l’Académie , que ses détracteurs ne le voudraient.

(13) Crébillon pouvait dire, comme il le fît dans son discours de ré-ception :

Aucun fiel n’a jamais empoisonne' ma plume ,

malgré la petite satire passagère dont nous avons parlé dans son éloge,et qu’il s’était permise long-temps auparavant contre ses ennemis, parceque cette satire avait en effet moins de fiel que de gaieté ; elle étaitd’ailleurs si ancienne , il se la reprochait si sincèrement, et ceux mêmequi en étaient l’objet la lui avaient pardonnée depuis si long-temps, queses confrères et ses auditeurs l’oublièrent entièrement le jour de sa ré-ception , pour applaudir au vers si noble que nous venons de citer, età l’esprit qui lui dictait ce vers.

U n’avait de fiel ni dans sa plume ni dans son âme , quoique dans sesdiscours il appréciât quelquefois assez tristement l’espèce humaine.Nous avons dit, dans son éloge , qu’il passa plusieurs années de sa viedans la retraite, entouré d’animaux, qui étaient son unique société.Quand on lui demandait le motif qui l’avait déterminé à cette profondesolitude : C’est, répondait-il, que je connais les hommes. Mais il le di-sait sans amertume et avec le sang froid d’un philosophe qui plaint sessemblables d’être méchans, et qui, en craignant leur commerce , nepeut se résoudre à les haïr.

(14) L’éloge que nous avons donné aux ouvrages de Crébillon le filsne tombe que sur ses premiers romans, bien supérieurs aux derniers ,