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Tome troisième.
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damné par défaut- Son apologie est courte , mais subtile , etdigne de lui ; bien loin de passer condamnation sur le défaut donton I accuse , il soutient qu’un auteur 11e saurait mettre plus dediversité dans ses sujets, qu’il en a mis dans les siens. « Dans>• mes pièces, dit-il, c'est tantôt un amour ignoré des deux» amans, tantôt un amour qu’ils sentent et qu’ils veulent se» cacher l’un à l’autre , tantôt un amour timide , qui n’ose se» déclarer; tantôt enfin un amour incertain et comme indécis,» un amour à demi-né , pour ainsi dire, dont ils se doutent sans* être bien sûrs , et qu’ils épient au dedans d’eux-mêmes avant» de lui laisser prendre l’essor. Où est en tout cela cette res-» semblance qu’on ne cesse de m’objecter ? »

Mais si l’amour, comme l’auteur le prétend, ne se cache pasde la même manière dans ses comédies , c’est toujours un amourqui se cache; et malheureusement le gros des spectateurs, quine peut y regarder de si près, n’est frappé que de cette ressem-blance, sans daigner remarquer que l’amour s e cache diversement,et sans savoir par conséquent aucun gré à l’auteur d’avoir saisi etpeint ces différences fugitives. Tel est le jugement , ou plutôtl’instinct de cette multitude qui ne va pas au théâtre pour ob-server au microscope les fibres du cœur humain, mais pour envoir à découvert les mouvemens et les ressorts, qui n’aperçoit,dans ces dissections subtiles, que des redites monotones et fasti-dieuses, et à laquelle pourtant tout auteur dramatique est con-damné à plaire (12) , puisqu’il se l’est donnée pour juge.

Le style peu naturel et affecté de ces comédies a essuyé plusde critiques encore que le fond des pièces même, et avec d’au-tant plus de justice , que ce singulier jargon , tout à la foisprécieux et familier, recherché et monotone , est, sans excej>-tion , celui de tous ses personnages, de quelque état qu’ilspuissent être, depuis les marquis jusqu’aux paysans, et depuisles maîtres jusqu’aux valets (i 3 ). Mais l’auteur soutient encoreque le public s’est mépris à ce sujet « On croit, dit-il, voir par-» tout le même genre de style dans mes comédies, parce que» le dialogue y est partout l’expression simple des mouvemens* du coeur; la vérité de cette expression fait croire que je 11’ai» qu’un même ton et qu’une même langue ; mais ce n’est pas» moi que j’ai voulu copier, c’est la nature , .et c’est peut-être» parce que ce ton est naturel, qu’il a paru singulier. » Cepassage, plus singulier peut-être encore que le style de l’auteur,est un exemple frappant de l’illusion qu’un homme d’esprit al’adresse ou le malheur de se faire à lui-même sur ses défauts lesplus sensibles. Il est vrai que cette illusion avait moins en luipour principe un amour-propre qui s’aveugle, que l’erreur où