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Tome troisième.
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soudre, le traitent au moins comme ces coupables qu’on ne cou*»damne pas sans regret, et dont on voudrait adoucir la sentence.Peut-etre , s’il eût ve'cu jusqu’au moment où nous sommes,aurait-il pu jouir d’une consolation plus douce encore pour sonamour-propre. Peut-être la bizarrerie de son néologisme , siéloigné de la langue commune , lui aurait-elle procuré la satis-faction de s’entendre appeler homme de génie par les suprêmesaristarques, qui honorent si libéralement de ce nom les produc-tions les plus opposées aux vrais principes des arts, les plus éloi-gnées du vrai caractère propre à chaque genre, les plus discor-dantesavec les bonsmodèles, deschiinèresprétenduesingénieusesou philosophiques, et des idées creuses soi-disant profondes,revetues d’un style de rhéteur ou d’écolier, qu’on appelle del éloquence et quelquefois du sublime ; enfin le charlatanisme entout genre, étalant avec un jargon bizarre, qu’on prend pourde F imagination, la marchandise qu’il veut faire valoir ou pourson compte, ou pour celui des autres. Aussi, pour le dire enpassant, Voltaire, peu de temps avant sa mort, s’est-il félicitéplus d’une fois en notre présence, d’avoir pour contemporainstant d’hommes degMiie, sans compter, ajoutait-il, les grandsjuges qui leur font présent de ce titre , sous la condition secrètede le partager avec eux. Rien , disait Molière il y a plus de centannées, n’est devenu à si bon marché que le bel esprit; rien, diraitaujourd’hui ce grand homme, n’est à si bon marché que le génie.-Les romans de Marivaux , supérieurs à ses comédies par l’in-térêt , par les situations, par le but moral qu’il s’y propose, ontsurtout le mérite, avec des défauts que nous avouerons sans peine,de ne pas tourner, comme ses pièces de théâtre, dans le cercleétroit d’un amour déguisé , mais d’offrir des peintures plus va-riées , plus générales, plus dignes d u pinceau d’un philosophe ( 14 ) •On y voit les raffinemens de la coquetterie, même dans une âmeneuve et honnête; les replis de l’amour-propre jusque dans lesein de l’humiliation , la dureté révoltante des bienfaiteurs , ouleur pitié, plus humiliante encore ; le manège de l’hypocrisie,et sa marche tortueuse ; l’amour concentré dans le cœur d’unedévote, avec toute la violence et toute la fausseté qui en est lasuite (i5) : enfin, ce que Marivaux a surtout tracé d’une manièresupérieure, la fierté noble et courageuse de la vertu dans l’in-fortune , elle tableau consolant de la bienfaisance et de la bontédans une âme pure et sensible ( 16 ). L’auteur n’a pas dédaignéde peindre jusqu’à la sottise du peuple; sa curiosité sans objet,sa charité sans délicatesse, son inepte et offensante bonté, sadureté compatissante ; et rien n’est peut-être plus vrai dansaucun roman, que la pitié cruelle de madame du Tour pour