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Tome troisième.
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DE MARIVAUX. 697

>> lettres estimable , sont l’opprobre de celui qui les dit, la» honte de celui qui les autorise , et souvent l’éloge de celui qui» en est l’objet. »

Ainsi Marivaux , à l’exemple de son illustre ami Fontenelle ,ne répondit jamais à la satire que par le mépris et le silence ,et montra toujours à ses détracteurs une modération dont ilsn’ont que trop abusé. D’illustres écrivains ont fait tout le con-traire , et peuvent en être justifiés par le ridicule et l’opprobredont ils ont couvert leurs ennemis. La conduite de nos deuxphilosophes paraît néanmoins encore plus sûre , et pour le reposdu mérite outragé, et peut-être pour l’humiliation de ses cen-seurs. Indignes et incapables de partager la gloire des héros dela littérature , les Thersites n’ont d’autre ressource que de s’at-tacher à cette gloire, comme le ciron de la fable s’attache autaureau pour le piquer ; rien ne peut les humilier davantage quel’insensibilité du taureau à leurs piqûres, et la réponse qu’ildaigne faire au ciron :

Ht : ! l’ami, qui te savait là?

Cette indifférence est bien plus mortifiante pour eux, que la sen-sibilité maladroite de ces écrivains qui répandent le fiel surleurs critiques , en protestant qu’ils n’ont point de fiel ; sem-blables à Turcaret, qui accable sa maîtresse d’injures, en l’as-surant qu’il est de sang-froid (27).

Si l’amour-propre de Marivaux était facile à blesser, au moinsil n’était pas personnel, et se montrait aussi délicat pour lesautres que pour lui. Ces satires et ces épigrammes, dont on s’a-muse si volontiers quand on n’en est pas l’objet, le révoltaienttoujours, lors même qu’elles auraient pu lui être indifférentes.« J’en fais justice , disait-il, en ne les lisant jamais; et si tous» les honnêtes gens en usaient de même, cette vile espèce pé-» rirait bien vite d’inanition.» Personne, en conséquence,n’était plus attentif que lui à n’offenser jamais qui que ce soit ,ni dans la société, ni dans ses ouvrages. Le public, dont la ma-lignité cherche à se repaître de tout, même lorsqu’on n’a passongé à la nourrir, avait cru voir dans le prologue d’une de sespièces, des traits indirects contre la comédie du Français àLondres ; Marivaux s’en défendit de manière à ne pas laisser desoupçon sur sa bonne foi. « La façon dont je me suis conduit» jusqu à présent, dit-il , prouve asses combien je suis éloigné» de cette bassesse ; ainsi , ce n’est pas une accusation dont je> me justifie, c’est une injure dont je me plains (28).

U reprochait souvent aux Comédiens italiens les parodiesqu ils représentaient sur leur théâtre , et qui, au grand regret