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Tome troisième.
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<>o', NOTES SUR E’ÉLOGE

S il avait eu besoin d autorités pour servir d’appui à ses blasphèmeslittéraires, il aurait à peine trouvé des défenseurs dans les deux phi-losophes qui lui avaient peut-être inspiré ces principes, mais qui, plusmodérés ou plus discrets , n’osaient s’expliquer aussi librement quelui, et auraient craint de reconnaître pour leur disciple celui qui ou-trait leurs jugemens jusqu’à s’exposer à leur désaveu.

(5) Marivaux avouait qu’il avait osé travestir Homère, non à l’imi-tation, car il avait trop peu de goût pour le rôle d’imitateur, mais àl’exemple du Virgile travesti de Scarron. Il savait que cette bouffon-nerie de notre poète burlesque avait été fort accueillie dans un siècleà la vérité bien peu sévère, et que les admirateurs même de Virgilen’avaient pas cru offenser les mânes de ce grand homme en s’amusantun moment d’une telle parodie. Il espérait, de la part des enthou-siastes d’Homère, la même faveur ou la même indulgence; mais,comme nous l’avons dit, ces deux outrages à la mémoire de deuxgrands poètes, bien différens par le motif et les principes, ne devaientpas non plus être regardés du même œil par les gens de lettres. Scar-ron , accablé de douleurs cruelles, dont il avait besoin de se distraireà quelque prix que ce fût, est excusable d’avoir cherché, même auxdépens de Virgile et du bon goût, à se faire rire lui-même pendantquelques momeos, et à faire rire, s’il le pouvait, ses lecteurs : onassure qu’en travestissant ce grand poète, il le priait quelquefois depardonner à sa goutte l’espèce de mascarade qu’il faisait subir àVünêide. Marivaux, qui n’avait pas besoin d’indulgence pour sesamusemens, montrait une intention bien plus répréhensible ; il envoulait sérieusement, disait-il, au poète grec, à ses héros, qui parlenttant et qui agissent si peu ; à ses dieux, pires que ses héros ; à ses longsdiscours, à ses plus longues comparaisons, à toutes les absurdités en-fin , c’était son expression, que ce poète s’était permis de mettre envers. Le censeur d’Homère croyait rendre plus sensible, par sa longueparodie, tout ce qui avait été si amèrement relevé par Charles Per-rault, cet intrépide censeur du prince des poètes, qu’il a bien moinsménagé dans ses Parallèles, que n’avait fait La Motte dans la préfacede son Iliade, et dans ses Réflexions sur la critique, Marivaux, quicroyait avoir bien réussi par ce moyen à rendre Homère ridicule,prétendait que le burlesque de Scarron n’était que dans les mots, et,ce qui était selon lui un grand avantage, que le sien était dans tesckoses. Mais, malheureusement pour lui, et heureusement pour lebon goût, le temps du burlesque était passé; à peine quelques lec-teurs peu difficiles s’amusaient-ils encore du Virgile travesti, commed’une folie sans conséquence, et jugée telle par son auteur même.Le moderne Scarron n’obtint pas même le succès peu flatteur dontl’ancien s’était contenté. Le génie d’Homère, déjà vainqueur de tantde satires, écrasa sans peine son nouveau détracteur, et douze beauxvers de ce grand poète suffisaient pour anéantir les mauvais vers fran-çais de son insipide critique; car cette critique, afin que rien n’ymanquât pour la rendre mauvaise, était envers burlesques, maisipoinsgais que ceux de Scarron, à qui cependant l’austère Despréaux