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Tome troisième.
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UE MARIVAUX. Ho",

ne pardonnait pas ce mauvais genre , malgré la gaieté naturelle et sansprétention qui paraissait le lui avoir inspiré. La parodie d’Homère futoubliée presque en naissant ; et l’auteur, qui, dit-on, conserva tou-jours du faible pour cet enfant bizarre et difforme, n’osait pourtanten parler jamais, soit qu’il se repentît de lui avoir donné naissancesous des auspices malheureux, soit que , mécontent de l’indifférenceavec laquelle le public avait accueilli cette production avortée, ilaimât mieux étouffer son affection paternelle et malheureuse , que dela laisser voir en pure perte à ses impitoyables lecteurs.

11 eut, quelques armées après , un tort encore plus grand que d’a-voir travesti dans l 'Iliade la production d’un grand poète ; il travestit,dans le Télémaque, l’ouvrage d’un citoyen vertueux; la morale saineet pure que ce livre respire, l’amour que l’auteur y montre pour sessemblables, les leçons si sages et si douces qu’il y donne au maître dumonde, semblaient demander grâce au parodiste, quand il n’eût pasd’ailleurs rendu justice au style enchanteur de Fénélon, aux grâces deson imagination et de ses tableaux, au sentiment et à l’intérêt qu’ilsait répandre sur tout ce qu’il touche. Aussi le Télémaque fut-il vengépar le public plus cruellement encore que ne l’avait été ¥ Iliade-, lesgens de lettres, qui avaient reçu avec uue sorte d’indignation la pa-rodie d’Homère, ne virent celle de Fénélon qu’avec nu dédain bienplus mortifiant pour le parodiste. Sa disgrâce fut si fâcheuse et sicomplète, qu’il ne put même avoir , en cette occasion , pour conso-lateurs ses dangereux amis Fontenelle et La Motte, qu’on accusaitd’avoir été pour le moins les fauteurs secrets et peut-être les complicesde V Homère travesti. Ils étaient déjà assez criminels envers le poète grecpour n’ayoir pas besoin de se rendre encore coupables à l’égard de l’au-teur français; et nous devons à la vérité et à la justice de les disculpertous deux de cette seconde faute de leur ami, qu’il eut grand soin de leurlaisser ignorer : car il savait le cas infini qu’ils faisaient l’un et l’autredu Télémaque , jusqu’à le mettre au-dessus d’IIomère, à qui Fénélon,disaient-ils, avait fait l’honneur de le prendre pour modèle. 11 ne sagitpoint ici d’apprécier un tel jugement ; si c’était pour Homère un nou-vel outrage, c’était au moins une preuve que l’ombre de Fénélonn’avait point à se plaindre d’eux, et qu’ils étaient bien éloignés d’ap-prouver l’injure qu’on venait de lui faire. Aussi Marivaux, qui, peut-être par remords de conscience, n’avait pas achevé cet ouvrage, etl’avait abandonné en cet état à toute la sévérité de ses lecteurs, fut sihumilié, soit de la faute, soit de la punition, qu’il alla même jusqu’àdésavouer le Télémaque travesti, quoique sa manière d’écrire, em-preinte à toutes les pages, ne permît pas de chercher un autre cou-pable.

Un peut voir dans la préface de cet ouvrage, avec quelle libertéMarivaux cherche à s’égayer aux dépens d'Homère , car il en voulaitbien plus a Homère qu’à Fénélon, à qui seulement il savait mauvaisgré d avoir pris ce grand poète pour modèle. Nous citerons quelquestraits de cette préface.

« Je ne sais si les adorateurs d’Homère ne regarderont pas le Télé-” maque travesti comme une production sacrilège et digne du feu ;