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toujours- la meme comédie sous différons titres, n’ait pas été plusmalheureux sur la scène : car nous devons dire à son honneur, quepresque toutes les pièces qu’il a faites dans ce genre métaphysique,sont restées au Théâtre italien , et un assez grand nombre au Théâtre-Français. Plus d’un auteur s’est répété moins souvent et avec moinsde succès et de bonheur. « J’ai guetté, disait-il, qu’on nous permette» de le faire parler encore un moment, j’ai guetté dans le cœur humain» toutes les niches différentes où peut se cacher l’amour, lorsqu’il* craint de se montrer, et chacune de mes comédies a pour objeL de)> le faire sortir d’une de ces niches. « Il faut avouer qu'ou ne sauraitl’en faire sortir avec plus d’esprit et d’adresse ; mais il faut conveniraussi que ce genre d'esprit et d’adresse n’est pas celui qu’il faut authéâtre, surtout quand c’est le genre unique de l’auteur, et le pivotcontinuel de toutes ses comédies. Marivaux fait aux spectateurs etaux lecteurs même un honneur qu’ils ne méritent pas, en leur sup-posant â tous le genre d’esprit que la nature lui avait donné, et quine saurait tout au plus être entendu et goûté que du petit nombre deses pareils. Il ne se contenta pas de donner, sous djlférens titres, lasurprise de Vamour , distinguée seulement dans chaque pièce par desnuances différentes. Il donna , sous le même titre, aux Italiens et auxF rançais , une surprise de l’amour , dont le sujet était le même. C’étaitun nouveau tour de force qui, à la vérité, ne lui réussit pas tmit-à-fait, au moins dans la nouveauté. La pièce qu’il donna aux Italiensréussit; celle des Français tomba; cependant la dernière était mieuxfaite, et pleine de détails plus lins; mais la première était plus gaie,et le public préféra ce qui le faisait rire. Mais bientôt la surprise del’amour, d’abord malheureuse aux Français, se releva avec assez dedistinction pour balancer au moins sa rivale. Elle est restée au théâtre,et continuera d’y être vue avec plaisir, tant qu’il s’y trouvera des ac-teurs capables de la jouer.
Au reste, il n’est pas le seul à qui on puisse reprocher d’avoir faitdes comédies qui sont toutes jetées dans le même moule. Sainte-F’oix,tant loué de son vivant dans les journaux, et qui a fait, dans le genremédiocre , quelques ouvrages agréables , mérite absolument la mêmecritique par rapport à ses pièces de théâtre. Toutes sont aussi des sur-prises de l'amour ; mais avec cette différence, disait Marivaux lui-même,« que dans les pièces de Sainte-Foix, c’est un amour naissant qui ne» se connaît pas lui-même, et dans les miennes, uu amour adulte» et tout formé, qui craint et refuse de se connaître. » Dans cescomédies de Saint-Foix, qui sont pour la plupart des pièces en unacte, il y a plus de naturel, mais moins d’esprit et de finesse quedans celles de Marivaux ; les premières doivent aux acteurs la plusgrande partie de leurs succès , et les secondes à l’auteur même. On peutajouter que les pièces de Saiute-F'oix se ressemblent encore plus quecelles de Marivaux, qui du moins a mis dans les siennes toute la va-riété que pouvait lui permettre le cercle étroit qu'il s’était tracé; aulieu que Sainte-Foix ne peint jamais que l’amour d'une jeune per-sonne ingénue et naïve. Marivaux, ainsi que nous l’avons observé,décrit dans son cercle des lignes qui ne sont pas les mêmes, et qui