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NOTES SUR L’ÉLOGE
» terme que ces comédies où l’on introduit des personnages qui nea sont point dans la nature , des personnages allégoriques, propres,» tout au plus, pour le poème épique, mais très-déplacés sur la scène,» où tout doit être peint d’après nature. Ce n’est pas, ce me semble,» le défaut de Marivaux. Je lui reprocherai au contraire de trop dé-» tailler les passions, et de manquer quelquefois le chemin du cœur,» en prenant des routes un peu détournées. J’aime d’autant plus son» esprit, que je le prierais de ne le point prodiguer. Il ne faut pas» qu’un personnage de comédie songe à être spirituel, il faut qu’il» soit plaisant malgré lui et sans croire l’être. C’est la différence qui» doit être entre la comédie et le simple dialogue. »
Nous ne voudrions pas répondre que Voltaire pensât bien exacte-ment et à la rigueur tout ce qu’il dit dans cette lettre, et qu’en se -J
moquant des comédies métaphysiques , il n’eût pas eu tant soit peu s
eu vue celles de Marivaux, dont c’est là , en effet, le défaut principal. s
Mais en général la manière dont il juge ici notre académicien est assez {
équitable pour laisser croire qu’en effet c’était au fond, et à peu de s
chose près , sa vraie façon de penser sur cet ingénieux écrivain.
(29) Dans ses mouvemens d’humeur ou de justice contre les au- !
teurs de parodies, Marivaux ne se souvenait pas qu’en travestissantautrefois Télémaque , il s’était lui-même rendu coupable de la faute I
qu’il leur reprochait ; mais il se croyait moins criminel, parce qu'il *
n’avait travesti que des morts, à qui la louange et la critique étaient <
indifférentes ; c’en était assez pour mettre sa morale à couvert, 1
mais non pas pour justifier son goût. •
( 3 0) Dans quelques uns de ces ana , dont les anecdotes sont si sus-pectes, on a rapporté autrement un fait si honorable à Helvétius.On lui fait dire : Oh / comme y aurais traité Marivaux , si je ne luifaisais pas une pension ; et on a la sottise de lui donner des élogespour avoir parlé de la sorte. Le compilateur d’anecdotes n’a passenti combien il y aurait eu peu de délicatesse dans un pareil discours.Aussi n’a-t-il pas été tenu par Helvétius , qui avait l’âme trop hon-nête et trop élevée pour se venger ainsi de celui dont il était le bien-faiteur. Parlant un jour»à l’auteur de cet éloge, de l’humeur queMarivaux avait souvent avec lui : « Il me paie , disait-il, avec usure» le peu de bien que je lui fais ; heureusement pour moi je m en» souviens quand il me maltraite, et je dois à ce souvenir la satis-» faction inexprimable que je ressens , de ne pas rendre ma bienfai-» sance amère à l’homme vertueux et sensible que j’ai eu le bonheur« d’obliger. »
( 3 1) On pourrait ajouter à cette réponse si philosophique et simodeste sur la nature de l’âme , que le I’. Malebranche, qui avaitétudié l’âme toute sa vie, avouait lui-même n’en pas savoir davan-tage, et se bornait à en croire la spiritualité et l’immortalité , sans se pi-quer, comme il le disait en propres termes, d’avoir une idée claire de sasubstance. Si 011 était tenté de former quelque soupçon-sur l’ignoraucc