DE MARIVAUX. 621
de Marivaux à cet égard , celle du pieux oratoricn suffirait pour lajustifier aux yeux du moins des hommes sages, qui déjà trop affligésde, voir l’impiété où elle est, n’ont garde de la chercher encore oùelle n’est pas.
ÉLOGE D’OLI VET \
Après avoir fait ses humanités de la manière la plus brillante,son goût décidé pour l’étude le détermina à entrer chez les jé-suites , où il espérait trouver en tout genre d’excellens maîtres etde bons modèles , et principalement tout le loisir nécessaire pourse livrer à sa passion favorite ; car parmi tant d’ordres religieux ,dont l’Église et l’État sont chargés, la compagnie des jésuites aété la seule où tous les momens, le temps du noviciat excepté ’,fussent consacrés à s’instruire; on n’y consumait point dans unepsalmodie fastidieuse un temps qu’on savait mieux employer (1).C’est à une constitution si bien assortie aux véritables intérêtsd’une congrégation monastique, que cette société doit leshommes célèbres qu’elle a produits , et dont le mérite lui auraitassuré une existence glorieuse et durable, sans l’esprit de domi-nation et de cabale qui l’a rendue odieuse et l’a précipitée dansl’abîme où elle s’est perdue.
Ce fut pendant son séjour chez les jésuites que le P. Thoullier,car c’est ainsi qu’on appelait alors l’abbé d’Olivet, eut l’avantagede connaître l’illustre Despréaux. Il allait voir souvent ce poètecélèbre dans sa retraite d’Auteuil'; il recueillait avidement sesleçons; il était là comme un disciple de Pythagore, pendensdicentis ab ore, immobile et dans le silence, écoutant ce grandmaître avec une espèce de vénération religieuse. Aussi adopta-t-il sans réserve toute la sévérité de sesjugemens littéraires. Peut-être avait-il, comme son oracle, le goût plus austère que fin 3 ;son esprit ressemblait à ces palais sains et vigoureux , qui expri-ment avec force et goûtent avec plaisir le suc des viandes pleinesde substance, mais qui ne savent ni distinguer ni apprécier desalimens plus délicats ;"peut-être, après tout, 11e perdent-ils pas ,
Joseph riioullicrd’Olivct, conseiller d’iionnen r en la chambre des comptesi e esancon , nc ( h. Salins, en Franche-Comte, le 3 o mars 1683; reçu le 35 no-vembre 1723, à la place de Jean de La Chapelle; mort le 8 octobre 1768.
1 rf JeZ ^ n ° te 3 SlU rc;| °S e tlc Crëbillon.
Voyez les noies sur Fariide de Despreaux.