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Tome troisième.
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autant iju’on le croit, a être privés de celte subtilité exaltée etfugitive , souvent plus propre à énerver le goût qu’à le raffiner.

L attachement du P. Thoullier pour les opinions de Despréauxs étendit jusqu’à sa personne ; l’humeur un peu brusque et quel-quefois chagrine du maître s’accordait assez avec la franchiseet l’espèce de rudesse dont le disciple paraissait se piquer aussi.C’est au moins sous cet extérieur que l’abbé d’Olivet s’est mon-tré dans le monde à ceux qui l’ont connu : le public apprendranéanmoins avec quelque surprise, que tant qu’il fut chez les jé-suites, il eut une réputation toute différente ; on lui trouvaitune urbanité, une politesse, une douceur, qui faisaient regret-ter à la plupart de ses amis, que tant de charmes et d’agrémensfussent perdus pour le monde, et condamnés à l’obscurité mo-nastique. On ne peut expliquer cette différence singulière duP. Thoullier et de l’abbé d’Olivet, qu’en supposant, ou quel’abbé d’Olivet avançant en âge, avait sur la route prodigieuse-ment changé d’extérieur et de forme ; ou que la sévérité atta-chée à la robe jésuitique, faisait louer en lui comme un agré-ment rare, ce qui n’était que l’effet simple et naturel d’une édu-cation moins agreste que celle de la plupart de ses confrères.D ailleurs le crédit énorme dont cette société jouissait alors parla confiance que le monarque avait la faiblesse de lui accorder,donnait à presque tous ses membres, un air de morgue et d’or-gueil qui révoltait jusqu’à leurs amis même, mais qu’apparem-ment le P. Thoullier ne partageait pas, et dont on lui savaitgré d’être exempt.

Il eut le bonheur de payer à Despréaux, par un service essen-tiel, l’amitié et les leçons dont l’illustre satirique le gratifiait.Nous avons dit dans l’éloge de ce grand poète , que l’implacablejésuite Le Tellier lui avait attribué des vers détestables contre lasociété, vers dont il aurait bientôt cessé de le croire auteur,s’il eût daigné consulter sur ce sujet le dernier préfet du collègede Louis-le-Grand , ou même le,dernier écolier de ce collège,qui se connût tant soit peu en vers français. Mais Le Tellier,plus fougueux conlroversiste que bon écrivain, prévenu d’ailleurscontre Despréaux , dont les liaisons avec Port-Royal lui déplai-saient, s’affermissait, par cette prévention, dans une erreurdont il ne se souciait pas de sortir ; il paraissait déterminé àperdre le poète dans l’esprit du monarque que Despréaux avaittEfnt célébré, mais qui, devenu vieux et dévot, n’aurait pashésité à sacrifier son panégyriste à son confesseur, et son amour-propre à ses scrupules. Le P. Thoullier se rendit médiateur,entreprit de justifier son ami, fut assez heureux pour y réussir,et apaisa tout. Le fidèle ami de Despréaux et son respectueux