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Tome troisième.
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D’OLIY’ET. (ia3

commentateur, l’avocat lyonnais lirossette, nous a conservéquelques pièces curieuses de cette grande négociation ( 2 ). On yvoit le fiel et l’insolence du confesseur jésuite, la sage modéra-tion du médiateur, et la violence que le poète se fait en frémis-sant pour contenir la bile dont il était plein contre son odieuxadversaire, sans pouvoir, malgré ses efforts, empêcher qu’elle11 e lui échappe.

Le P. Thoullier dut se faire aussi lui-même quelque violencepour la médiation dont il se chargeait; car il n’aimait pas leP. LeTellier, et partageait ce sentiment avec presque tous sesconfrères. On lui a plusieurs fois entendu dire, que lorsque cejésuite passa de la dignité de provincial, dont il était revêtu , àcelle de confesseur du roi, la plupart des jésuites, et surtout lesplus jeunes, au nombre desquels était le P. Thoullier, furenttransportés de joie, non de l’honneur que recevait le P. LeTellier, mais d’être délivrés du sceptre de fer avec lequel il lesgouvernait. Heureuse l’Église de France, si elle n’avait pastrouvé son malheur dans un événement qui soulageait tant lasociété 1

Le jeune jésuite, qui voyait si assidûment le législateur duParnasse, crut par cela même avoir quelque droit de s’y placer.Il osa pendant quelques années être poète : nous savons de lui-même qu’il avait fait beaucoup de vers français, et qu’il fut assezjuste ou assez sévère-, dans un âge plus avancé , pour les dévouerà ce qu’il appelait lui-même emendaturis ignibus ( au feu destinéà les corriger); bien différent de cette foule de jeunes littéra-teurs qui, craignant de perdre ce que le public n’eût jamaisréclamé , se hâtent de lui offrir les fruits avortés de leur verve ,et ont la douleur d’entendre prononcer contre ces productionsmalheureuses, la sentence qu’ils auraient prévenue en les con-damnant à l’oubli.

Il passa de la poésie à la chaire, et s’y livra avec la mêmeardeur; mais pour se pénétrer des principes et du goût d’uneéloquence saine, et pour avoir sous les yeux, dans le mêmeécrivain , le précepte et l’exemple, il s’attacha surtout à Cicéron ;à force de le lire et de le méditer , il prit pour cet auteur le goûtvif et l’espèce de passion qu’il a conservée jusqu’à la fin de sesjours, et consignée dans tous ses écrits; cet enthousiasme dé-clare , cette profession de foi constante a été parmi les gens delettres comme l’écusson de l’abbé d’OIivet, ou , si l’on veut, sacotte d armes distinctive. Il semblait répéter sans cesse à tout cequi 1 environnait, l’espèce de cri de guerre qu’il a fait retentirdans une de ses harangues académiques : Usez Cicéron, lisezCicéron. A peine permettait-il aux jeunes gens d'autres lectures.