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par quelque faute, même involontaire, ce ressentiment impla-cable dont il avait été à portée de voir de près et souvent lesredoutables effets. Son amitié ferme et intrépide pour les jésuitesa fait présumer qu’en conservant l’esprit général qui attache àcette compagnie ses anciens membres, il avait de plus conservéavec elle des relations particulières plus cachées et plus intimes.Il fut, dit-on, lié aux jésuites jusqu’à la fin , par cette espèceà'affiliation qui s’étendait jusqu’aux séculiers, qui les mettaitdans une espèce de dépendance de la société, qui a donné àcette société tant d’amis et de partisans déclarés ou secrets ; onassure même que ces pères ont eu l’adresse d’engager dans uneassociation si habilement formée , des princes et des monarques ,s’avilissant eux-mêmes par ce dévouement, qui les réduisait àn’être plus que les premiers moines.
Pendant que l’abbé d’Olivet était encore dans la société desjésuites , on avait voulu l’appeler en Espagne pour lui confierl’éducation du prince des Asturies ; mais il sentit que l’éducationd’un prince avait trop de difficultés morales , pour qu’il pût es-pérer un succès capable de le dédommager du sacrifice qu’il au-rait fait de sa liberté. Il renonça donc à cet emploi si flatteurpour la vanité, mais presque impossible à bien remplir ; il pré-féra à la faveur et aux richesses, la liberté et l’étude ; et à l’humblemétier de courtisan, l’état noble d’homme de lettres. Peut-êtreaussi, car pourquoi taire ce motif, peut-être l’abbé d’Olivet,instruit par ses confrères du peu de considération dont les lettresjouissaient alors à la cour d’Espagne , voulut, sans oser trop ledire, imiter Pétrarque, qui dédaigna avec un noble orgueil deparaître à la cour de Philippe de Valois , parce que le monarqueavait pour les lettres , non-seulement l’indifférence dont tant derois ont été coupables , mais une haine dont il avait l’ineptie etla maladresse de se glorifier ; quoiqu’ayant donné sur lui tantde prise par ses fautes et par ses revers, il eût le plus grandintérêt de ne pas offenser des hommes qui devaient, par leursécrits, le livrer à la postérité. Ce roi, si peu considéré par elle ,n’avait pas même la misérable finesse de ce tyran de Syracuse ,qui disait : j’entretiens à ma cour des philosophes et des beaux-esprits , non que je les estime, mais parce que je veux dire es-timé à cause de la faveur que je leur montre (4).
Le premier ouvrage de notre académicien ne pouvait man-quer d’avoir Cicéron pour objet ; ce fut la traduction des Entre-tiens sur la nature des Dieux. Il donna depuis , conjointementavec le président Bouliier, la version des Tusculanes, du mêmeauteur; il publia ensuite celle des Catilinaires ; enfin il recueillit,dans les ouvrages de Cicéron, les endroits qui lui parurent les
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