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Tome troisième.
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Ci?. 6 ÉLOGE

plus propres, non-seulement à former le goût des jeunes gens,mais à leur inspirer des principes solides et lumineux de justice,de sagesse et de bienfaisance : ces morceaux, traduits avec soin ,parurent sous le titre de Pensées de Cicéron , pour servir à Védu-cation de la jeunesse. C’est une espèce d 'esprit de cet orateurphilosophe ; esprit infiniment plus digne de ce nom, que cesextraits informes et mal choisis de tant d’auteurs modernes,compilés aussi sous le nom d’esprit, et quelquefois de génie ,par des hommes qui ne donneront à personne la peine de re-cueillir le leur *.

Toutes ces traductions furent très-bien reçues, et ont conservéjusqu’aujourd’hui la réputation qu’elles obtinrent lorsque l’au-teur les donna pour la première fois. Elles parurent écrites avecla fidélité la plus exacte, et la correction grammaticale la plusscrupuleuse. Ces deux qualités les rendirent surtout très-recom-mandables pour cette classe d’hommes, qui est chargée d’enseignerdans nos collèges les principes des deux langues ; ils pouvaient,en envisageant sous ce point de vue les versions de l’abbé d’OIi-vet, les offrir à leurs disciples comme des modèles. Des jugesplus délicats ou plus difficiles décideront si, au mérite de l’exac-titude et d’une diction pure, ces versions joignent celui de l’élé-gance et des grâces qu’on doit désirer dans un traducteur deCicéron ; si l’on trouve dans l’abbé d’Olivet cette heureuse ai-sance , ce choix et celte noblesse d’expression jointe à la plusaimable simplicité , et surtout cette harmonie si douce e£ sifacile qui caractérise les ouvrages de l’orateur romain ; qua-lités si propres tout à la fois, et à charmer ceux qui lisent Cicérondans sa langue originale, et presque à désespérer ceux qui vou-dront faire passer dans notre langue , non pas seulement les traitsgrossiers de son visage, mais le caractère intéressant de sa phy-sionomie , et la mélodie séduisante de son style.

L’ahbé d’Olivet, en se consacrant au pénible métier de tra-ducteur , n’ignorait ni le travail qu’il exige , ni les dégoûts quel’opinion même des gens de lettres semble y avoir attachés.

« Un traducteur , dit-il dans son Histoire de l’Académie , doit» être un Protée qui n’ait point de forme immuable, et qui» sache prendre tous les caractères de ses originaux; mais pour» cela, outre la souplesse du génie, il faut de la patience, vertu» qui manque plus que le génie aux Français , et qui manque» surtout aux traducteurs ; car tout écrivain ne fait d'efforts qu’à•> proportion de la gloire qu’il se promet de son ouvrage ; et

■ On nous a donne le Génie de Montesquieu, le Génie de Hume, l'Espritde Voltaire, celui de Fontenelle, celui de Montaigne, etc., et jusqu’à celuide l’abbé Desfontaines et des Journalistes de Trévoux.